En novembre dernier, la Maison de la famille Parensemble lançait un véritable cri du cœur devant la fin annoncée, en mars, du projet pilote de travailleurs de proximité soutenu par le gouvernement du Québec. Grâce à une subvention accordée par la MRC de Maria‑Chapdelaine, l’initiative bénéficie d’un sursis de quelques mois. Mais malgré ce répit, la fin du projet se profile déjà à l’horizon.
Depuis maintenant trois ans, Nadia Dallaire occupe le poste d’intervenante de proximité au sein de Parensemble. Elle accompagne les familles les plus vulnérables ou isolées de la MRC de Maria-Chapdelaine, leur offrant écoute, soutien et ressources adaptées à leurs réalités. Surtout, elle mise sur une présence active sur le terrain et une approche adaptée aux réalités locales.
Face à la grandeur du territoire, l’accès aux services demeure un défi pour bon nombre de familles, observe Nadia Dallaire. Par son travail, elle aide les personnes à se déplacer d’une municipalité à l’autre.
Le gouvernement du Québec a toutefois choisi de ne pas reconduire le projet pilote. À Dolbeau‑Mistassini, le service devait prendre fin en mars. Depuis, la situation a évolué, comme l’indique Bianca Houde, adjointe à la direction à l’organisme.
« On a fait une demande au Fonds de développement collectif de la MRC de Maria-Chapdelaine pour qu’on puisse pérenniser le projet jusqu’en juin pour essayer de voir plus clair et de trouver des solutions. La MRC nous a accordé le maximum qu’elle pouvait. Elle a cru en nous. Elle a cru en notre projet. Même les villes sont en train de créer une résolution d’appui pour la Maison de la famille Parensemble pour appuyer nos demandes qu’on fait un peu partout », explique-t-elle.
Malgré le sursis, l’incertitude plane. Le projet pilote a bel et bien une date de fin. Nadia Dallaire s’y prépare, bien malgré elle. « Éventuellement, il va aussi falloir que je prépare les familles. Celles que j’accompagne depuis longtemps, je n’ai pas encore tout à fait commencé à leur en parler. Éventuellement, il va falloir que je trouve une façon de leur dire. Il y en a que ça fait trois ans que je suis en contact avec elles et qu’un lien solide s’est créé », dit-elle.
C’est aussi le travail de Nadia Dallaire qui est en péril. « Je vais être au chômage pour l’été. Il faut que je me prépare à ça aussi. Je ne sais pas où je m’en vais après », exprime-t-elle.
Depuis la dernière année, l’organisme communautaire est confronté à une série de coupes budgétaires. « On a perdu 100 000 $ », fait savoir Bianca Houde, en précisant que plusieurs projets en lien avec le CIUSSS se sont terminés et puis le travail de proximité représentait une somme de 55 000 $ à lui seul.
La Maison de la famille continue de se battre pour les familles du territoire. « La Fédération québécoise des organismes communautaires Famille se mobilise vraiment pour ce projet-là. Il y a eu des lettres au gouvernement. Il y a eu plein de revendications. On revendique encore. Nous aussi. On n’arrête pas d’en parler. Moi et Isabelle Lamontagne, la directrice générale, on essaie de trouver des solutions. »
Retombées du travail de proximité dans la MRC de Maria-Chapdelaine (2024-2025)
• 68 familles ont été soutenues par l’intervenante de proximité, dont 114 enfants
• 106 références vers d’autres services ont été faites
• 29 accompagnements individuels vers d’autres organismes ont été faits
• 31 parents ne connaissent pas ou peu les services ou étaient très méfiants envers ceux-ci