Marie-Noëlle Watts était de la fermeture… et de la réouverture!

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Par Serge Tremblay
Marie-Noëlle Watts était de la fermeture… et de la réouverture!
Marie-Noëlle Watts est la directrice de la papetière de Dolbeau-Mistassini depuis août dernier. (Photo : Trium Médias - Serge Tremblay)

Marie-Noëlle Watts appartient à une espèce plutôt rare. Les femmes ne sont toujours pas légion dans le milieu des pâtes et papiers… et encore moins dans un poste de direction!

Dans la jeune quarantaine, Marie-Noëlle Watts assume la direction de la papetière de Dolbeau-Mistassini depuis le mois d’août dernier. Et c’est une usine qu’elle connaît très bien pour y avoir déjà œuvré à plusieurs reprises.

« J’étais ici de 2006 à 2009 et j’ai fermé l’usine à l’époque. J’étais resté pendant l’été pour procéder à la vidange de nos bassins de traitement. Je suis allée travailler dans l’industrie pharmaceutique par la suite, mais on m’a rappelée en vue de la réouverture de l’usine et j’ai accepté immédiatement. J’aime les défis je savais que redémarrer l’usine allait être trippant », raconte avec enthousiasme celle qui est originaire de la Gaspésie.

Diplômée en génie chimique, on la rappelle avant tout pour ses connaissances du volet environnemental des activités de l’usine. Mais l’ampleur du défi est colossale et il faut mettre la main à la pâte dans tous les départements.

« Le matin où on nous a demandé d’être là, on est arrivé dans la cour et il n’y avait pas d’électricité. La nature avait repris ses droits et il y avait une bonne centaine de marmottes dans l’usine, même que c’était un peu épeurant de s’y promener de soir! En trois mois, on démarrait l’usine après un arrêt de trois ans. J’ai vraiment pu toucher à tout et il fallait tout faire à vitesse grand V. »

Production

C’est d’ailleurs par l’entremise des activités de redémarrage de l’usine que Marie-Noëlle Watts a pu pour la première fois s’initier aux opérations de production. Un volet qui l’a vite conquise et qui lui a permis de réorienter sa carrière. Elle a notamment travaillé à Amos ainsi qu’à l’usine PFR d’Alma, où elle était directrice de production.

« J’ai accepté tous les défis que l’on m’a proposés. Je suis une personne mobile et je ne m’inquiète pas pour mon futur. J’aime vraiment l’univers de la production. La machine à papier, c’est notre bébé et il faut continuellement s’en occuper et la surveiller. »

Monde d’hommes

Si on trouve quand même davantage de femmes dans le milieu industriel qu’autrefois, les pâtes et papiers demeurent néanmoins un milieu très masculin. Malgré l’idée que l’on peut se faire de cet environnement de travail, Marie-Noëlle Watts assure qu’elle n’a pas eu l’impression de devoir lutter pour faire sa place.

« Je crois que c’est une question de crédibilité. Au départ, c’est vrai que l’on te teste un peu plus si tu es une femme, mais quand tu démontres que tu es compétente et performante, les questions de genre tombent. Si tu es présente et utile, que tes collègues peuvent compter sur toi, le genre n’a plus d’importance. »

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