Nous sortons de nos deux fêtes nationales et nous entrons maintenant
officiellement en période estivale, qu’on souhaite tous ensoleillée. Mais nous
entrons aussi, faut-il le rappeler, en période préélectorale, ce qui alimentera
sûrement bien des discussions autour des feux de camp.
On va aussi se faire courtiser. Par les candidats de tous les partis mais
également par certains ministres qui viendront nous rappeler qu’ils ont fait
un travail exemplaire et qu’ils se sont bien occupés de notre région.
Il faudra alors leur rappeler que notre aréna a été construit en 1948 par des
agriculteurs, qu’il tombe en désuétude, pendant que Québec vient d’autoriser
870 millions pour remplacer le toit et l’anneau du Stade olympique, ce
gouffre financier sans fond. Il faudra leur rappeler que Québec a financé à
la hauteur de 47 millions le très réussi Centre Slush Puppie de Gatineau, et
investit 27 millions dans le superbe Colisée Vidéotron de Trois-Rivières. Et
souvenons-nous du Centre Vidéotron de Québec, qui a coûté 185 millions aux
contribuables québécois, dont nous faisons partie, et qui sert à une équipe
junior. On nous avait vendu à l’époque le rêve, sans aucune garantie, que
l’équipement accueillerait les nouveaux Nordiques, et donc servirait à tout
l’est du Québec. 10 ans plus tard, on n’a jamais été aussi loin d’un retour
dans la Ligue nationale, le commissaire Bettman fait plutôt ces jours-ci le
tour du Texas pour essayer d’y vendre une franchise.
Il faudra aussi rappeler à tous les candidats que pendant que le
gouvernement provincial a versé 1,3 milliard dans le REM à Montréal, 4,8
milliards dans la nouvelle ligne bleue du métro, et qu’il s’apprête à injecter 4
milliards dans le tramway à Québec, notre gouvernement n’a pas trouvé les
quelques millions dans ses tiroirs depuis 8 ans pour terminer le petit bout de
l’autoroute Alma–La Baie, le ministre et député de Lac-Saint-Jean Éric
Girard y allant plutôt, en fin de mandat, de la promesse d’une simple étude
d’impact. Gênant. Pendant ce temps, son homonyme, le ministre des
Finances Éric Girard, trouvait, lui, 6 millions pour faire venir les Kings de
Los Angeles à Québec pour deux matchs préparatoires. Scandaleux.
Il faudra leur rappeler qu’en santé, le gouvernement s'enorgueillit d’avoir annoncé la conclusion de deux dossiers qui traînaient pourtant en longueur depuis 2
décennies, l’urgence de Jonquière et le bloc opératoire de Chicoutimi, mais
que 31 000 patients de la région sont toujours sans médecin de famille et qu’on a plutôt investi dans un changement de nom des CIUSSS, une autre
lubie inutile de fonctionnaires, qui coûtera des millions sans rien apporter
aux patients.
Je pourrais poursuivre indéfiniment, les exemples pleuvent. Naturellement,
l’intention ici n’est pas de réclamer les milliards des grands centres. Mais
l’idée, c’est de constater qu’au prorata, notre région, qui représente 4 % de la
population de la province et 7 % du territoire, n’en a pas pour son argent. À
chaque année, les contribuables du Saguenay–Lac-Saint-Jean envoient plus
de 1,2 milliard à Québec et Ottawa, sans compter les taxes TPS et TVQ.
Souvent, je me dis que la région devrait déclarer son indépendance, constituer
un petit État style l’Islande, et gérer ses propres affaires.
Les candidats à l’élection du 5 octobre vous expliqueront tous qu’ils
représentent un parti des régions. N’ayez pas peur de leur rappeler la réalité.
Partis des régions ? Piff ! Mon œil !