Économie

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La criminalité pèse de plus en plus lourd sur les PME selon un sondage

Émile Boudreau
Le 08 avril 2026 — Modifié à 09 h 06 min
Par Émile Boudreau - Journaliste

La criminalité représente une préoccupation grandissante pour les petites et moyennes entreprises (PME) au Canada. Selon un sondage réalisé en octobre dernier par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) auprès de ses membres, près de la moitié des propriétaires de PME affirment que la criminalité a augmenté dans leur communauté en 2025.

Ces perceptions rejoignent les données de Statistique Canada. En 2024, les vols à l’étalage de biens d’une valeur de 5 000 $ ou moins déclarés par la police ont bondi de 14 % par rapport à l’année précédente. Sur une période plus longue, la tendance est encore plus marquée : ce type de crime a augmenté de 66 % entre 2014 et 2024.

« Les entrepreneurs ne devraient pas consacrer plus de temps et d'argent à gérer le vol, le vandalisme et les risques pour la sécurité qu'à exploiter leur entreprise. La pression financière et le fardeau émotionnel qui en découlent sont épuisants. », a fait remarquer Vincent Pâquet, analyste principal des politiques à la FCEI pour le Québec.

Selon lui, les propriétaires d’entreprise sont de plus en plus nombreux à devoir investir des sommes importantes afin d’installer des caméras de sécurité ou de réparer des vitrines brisées. D’autres auraient même indiqué qu’ils préféreraient revivre la pandémie plutôt que de faire face à la criminalité actuelle.

Le sondage de la FCEI indique que les enjeux de sécurité personnelle sont également au cœur des préoccupations des PME. Près de la moitié des entrepreneurs se disent inquiets pour leur propre sécurité ainsi que pour celle de leurs employés et de leurs clients. En réponse, plusieurs ont d’ailleurs déjà mis en place des solutions, notamment en verrouillant les portes durant les heures d’ouverture, en instaurant un système de travail en binôme ou en réduisant les plages horaires où un employé se retrouve seul sur les lieux.

La FCEI presse donc les gouvernements d’agir plus concrètement. Elle réclame des sanctions plus sévères pour les récidivistes et le crime organisé, des mécanismes de signalement simplifiés, des interventions policières plus rapides ainsi que des mesures de soutien ciblées pour aider les entrepreneurs à prévenir les incidents et à s’en remettre.

« Les discours des gouvernements sur la criminalité se multiplient, mais les progrès ne comptent que lorsque les entrepreneurs se sentent plus en sécurité. », a conclu Vincent Pâquet.

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