Chroniques

Temps de lecture : 1 min 40 s

La jasette de la gazette

Iel est où le problème

Le 07 mars 2026 — Modifié à 07 h 00 min
Par Stéphanie Gagnon

Je suis de la vieille école, dans le sens grammatical du terme du moins. J’ai, par exemple, grandi avec la notion que le masculin l’emporte sur le féminin dans le but d’alléger un texte.

Je n’ai pas souffert de cette « règle », ni ne me suis sentie menacée par elle en tant que femme. La langue française fait partie des langues les plus complexes au monde ; son degré de précision est remarquable, presque chirurgical.

La tendance actuelle à vouloir déployer un français inclusif dans lequel les iel et les celleux de ce monde trouvent leur place, ça me fait me questionner. Je ne nie pas l’existence de la diversité de genre, au contraire. Mais est-ce que cette reconnaissance doit passer par l’alourdissement d’une langue déjà difficile ?

Une langue, c’est pas un musée figé dans le temps. Elle évolue, se transforme, se plie aux réalités sociales.

Je comprends l’argument que de ne pas être nommé et ne jamais se reconnaître dans la forme dominante, c’est pas anodin. Le langage façonne notre manière de voir le monde. Nommer, c’est reconnaître, et ensuite vient la validation. Pis c’est pas après ça que j’en ai.

C’est sur la mécanique.

Le français est déjà une langue exigeante. Accords, exceptions, participes passés, homophones … On passe des années à en maîtriser les subtilités. Que se passe-t-il lorsqu’on y ajoute des points milieux, des doublets systématiques, des néologismes encore instables ?

La richesse de notre langue permet déjà d’inclure sans alourdir. On peut choisir des formulations collectives : « la population » plutôt que « les citoyens », « le corps étudiant » plutôt que « les étudiants »… On peut aussi reformuler pour éviter le masculin générique : « l’être humain est responsable de ses choix » plutôt que « l’homme est responsable de ses choix ».

Ces adaptations ne sont ni révolutionnaires ni spectaculaires. Elles demandent seulement un peu de créativité, et peut-être que l’évolution du français ne passe pas par l’invention, mais par le discernement : utiliser ce qui existe déjà pour reconnaître chacun, tout en restant lisible et élégant.

Je suis attachée à cette langue. À sa précision et à sa capacité à nuancer une pensée au millimètre près. Et en même temps, je ne souhaite exclure personne.

Le débat n’est pas de savoir si « iel » existe, c’est de savoir comment on fait pour que la langue soit un pont et pas un champ de bataille.

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié le 18 juillet 2026

Le maudit soccer

Ah le soccer! Dans la région, aucun sport ne tranche autant que le soccer. Le sport le plus populaire à travers la planète ne réussi pas à percer le Québec, le Canada et même le pays de Trump. J’ai longtemps fait parti de ceux qui n’avaient pas d’engouement pour ce sport, mais tout a changé en 2021. Pour des raisons contractuelles, je ne pouvais pas ...

Publié le 16 juillet 2026

Le Sénat, cette machine à gaspiller

Richard Martel a gagné à la loto. Un poste assuré jusqu’à 75 ans, désormais bien à l'abri de la chasse aux électeurs, plus besoin de courir les soupers spaghetti et plus de patron, il n'aura plus à faire campagne, à défendre une position, ni à rendre des comptes à la population. Tout cela avec un salaire frisant les 200 000 dollars, avec la ...

Publié le 11 juillet 2026

Les olympiens du quotidien

Récemment, Vauvert, mon coin de pays dans le haut du lac, a mangé toute une volée. Il y a quelques semaines à peine, la foudre réduisait en cendre la chapelle. Les pompiers qui ont combattu les flammes une bonne partie de la nuit n’ont eu que très peu de temps pour reprendre leur souffle que la tempête s’est abattue de nouveau sur le secteur, ...

Abonnez-vous à nos infolettres

CONSULTEZ NOS ARCHIVES