Comédien, chanteur, conteur. Ovila Légaré a marqué la culture québécoise par son talent et son authenticité. Une nouvelle biographie, signée par sa petite-fille, France Légaré en collaboration avec l’ethnologue Josée Bouchard, ravive aujourd’hui la mémoire de cet artiste aux multiples facettes.
France Légaré a toujours entretenu une relation privilégiée avec son grand‑père, Ovila. « J’étais très amoureuse de mon grand-père. J’ai été attirée par son magnétisme et son énergie. C’est une personne qui avait une joie naturelle. Il avait le bonheur dans le cœur. C’est un homme qui était authentique. Il n’était pas différent quand il était avec nous », confie-t-elle.
Il y a quelques années, elle a créé une page Facebook dédiée à Ovila Légaré afin de faire revivre les moments marquants de sa carrière à travers des documents d’archives. C’est en voyant l’intérêt du public pour ce pionnier culturel québécois qu’elle a commencé à envisager l’idée d’écrire sa biographie.
France Légaré s’est alors rappelé qu’une boîte remplie de coupures de journaux se trouvait chez sa tante. En y retournant, elle est tombée sur la thèse de maîtrise de Josée Bouchard, une ethnologue qui avait consacré une recherche universitaire à Ovila Légaré à l’Université Laval.
France Légaré a donc pris l’initiative de la contacter pour lui proposer de se joindre au projet d’écriture. La Dolmissoise a accepté sans hésiter, voyant dans cette collaboration « un cadeau de la vie ».
Josée Bouchard s’est penchée sur la vie d’Ovila Légaré, dont la carrière foisonnante offre un éclairage sur les transformations culturelles du Québec au 20ᵉ siècle. Théâtre, radio, cinéma, télévision : l’artiste a évolué avec aisance dans chacun de ces univers.
« C’est un représentant de notre culture populaire, affirme l’ethnologue. Il y en a beaucoup qui l’ont snobé parce qu’il faisait des affaires pour le monde ordinaire. À Chicoutimi, quand il est venu avec sa troupe de théâtre, le monde l’attendait à la gare. Il avait une fanfare pour l’accueillir. C’était un homme proche du monde. »
France Légaré a appris plusieurs choses sur son grand-père en lisant la thèse de Josée. « C’est ça qui m’a fait découvrir à quel point il était autodidacte. Il est parti de presque rien. Au début, mon grand-père jouait du violon au début des années 1920. Il a eu un accident et il a perdu deux bouts de doigts. Il s’est mis à chanter à ce moment-là. Il vivait chez ses grands-parents qui étaient des amateurs de chanson. Il aimait aller à la recherche de vieilles chansons pour les chanter. Toute la famille participait », raconte-t-elle.
Approche originale
Le livre Ovila Légaré, pionnier de la culture québécoise propose une approche originale. Sa première partie, à caractère historique, s’appuie sur la thèse de Josée Bouchard, tandis que la seconde explore l’aspect familial à travers les anecdotes et souvenirs de France Légaré.
Une mini-biographie de Pierrette Légaré se retrouve également dans le livre.
Pour les autrices, ce projet s’inscrit comme un geste d’éducation et de transmission, visant à nourrir la mémoire culturelle du Québec.
Le 21 mai dernier, les autrices sont allées à la rencontre du public au Musée Louis-Hémon pour présenter leur publication.
La biographie est disponible en formats imprimé et numérique sur le site Web des Éditions de la Francophonie ainsi qu’en librairie.