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École primaire dans le secteur Mistassini

Notre-Dame-des-Anges perd son statut défavorisé, mais les défis demeurent

Le 04 juin 2026 — Modifié à 10 h 17 min le 03 juin 2026
Par Emmanuelle LeBlond - Journaliste de l'initiative de journalisme local (IJL)

Certaines écoles ne seront plus considérées comme défavorisées par le ministère de l’Éducation à compter de l’an prochain. C’est le cas de l’école Notre-Dame-des-Anges, dans le secteur Mistassini. Une fausse bonne nouvelle alors que cela entraîne surtout moins de ressources et plus d’élèves par classe.

L’école Notre-Dame-des-Anges est un lieu vibrant où évoluent près de 400 élèves de tous les horizons, de la maternelle à la sixième année, ce qui en fait l’établissement primaire le plus fréquenté du Centre de services scolaire du Pays‑des‑Bleuets.

On y retrouve une équipe‑école engagée et proactive. L’établissement scolaire, qui était considéré comme défavorisé selon l’indice de milieu socioéconomique (IMSE), a déployé des ressources supplémentaires pour mieux répondre aux besoins des élèves.

« On a mis en place un projet d’orthopédagogie, indique le directeur Joël Tremblay. Concrètement, une orthopédagogue professionnelle vient en aide à une trentaine d’élèves et offre, par la bande, conseils et soutien à une quinzaine de membres du personnel enseignant. On est à la deuxième année de ce projet. »

Depuis plusieurs années déjà, le Club des petits déjeuners assure chaque matin un repas aux enfants. En parallèle, des collations sont distribuées à l’ensemble des élèves.

Des besoins réels

Claudette Thibeault enseigne à l’école Notre‑Dame‑des‑Anges depuis 16 ans. Elle est responsable actuellement d’une classe de quatrième année et constate que les besoins ne cessent de grandir.

« La clientèle a de plus en plus de difficultés, observe‑t‑elle. Parmi mes élèves, certains ont des troubles en lecture et en écriture. Ils font énormément de fautes d’orthographe, et même la compréhension de textes simples peut être ardue. »

Lorsque l’enseignante demande à ses élèves qui éprouve des difficultés en classe, la majorité lève la main. « Plusieurs ont un petit quelque chose, en mathématique ou en français, qu’il faut travailler davantage. L’écoute et la concentration sont parfois plus difficiles. Il faut constamment s’ajuster. »

Dans son groupe, deux enfants bénéficient du programme d’orthopédagogie. L’un d’eux témoigne de l’importance de cette ressource : « L’orthopédagogue m’a aidé à arrêter d’écrire à l’envers », dit‑il.

Un indice révisé

Le ministère de l’Éducation a récemment mis à jour ses calculs de l’indice de défavorisation, qui s’appuie désormais sur les données du plus récent recensement, celui de 2021.

Selon Chantale Simard, directrice générale adjointe par intérim et directrice des Services éducatifs de la formation générale des jeunes au CSS du Pays-des-Bleuets, six écoles étaient auparavant considérées comme défavorisées. Elles ne le sont plus aujourd’hui. Deux nouveaux établissements se sont toutefois ajoutés à la liste : l’école Maria Goretti, à La Doré, et l’école Notre Dame de Lourdes, à Girardville.

Celle de Notre Dame-des-Anges fait partie des établissements touchés par ce reclassement. Son IMSE, auparavant fixé au neuvième rang, est passé au sixième rang.

La nouvelle a été un choc à encaisser pour le directeur Joël Tremblay. La fin du statut défavorisé ne reflète pas nécessairement la réalité humaine vécue par les élèves.

« Au quotidien, on ne voit pas de différence. On a de plus en plus de nouveaux arrivants. Il y a beaucoup de choses qu’on doit mettre en place pour eux. On est content de les accueillir, mais il y a des besoins qui sont là. »

Moins de ressources, plus d’élèves

La révision de l’IMSE entraîne des impacts directs pour les enfants, notamment sur l’attribution des ressources pour les années scolaires 2027 et 2029. Parmi les conséquences, le projet d’orthopédagogie ne pourra malheureusement pas être maintenu.

Dès la prochaine année scolaire, le nombre d’élèves par classe augmentera. « À l’école, nous étions habitués à accueillir des groupes de 18 à 20 élèves. Ce ne sera plus le cas. Les classes pourront désormais compter entre 20 et 26 élèves », indique Chantale Simard.

Cette situation mettait en péril cinq postes en enseignement. Grâce à la mobilisation de tous, trois d’entre eux ont pu être préservés pour l’an prochain. Toutefois, rien n’est garanti pour l’année suivante.

En mode solutions

L’ensemble de la communauté scolaire est rapidement passée en mode solutions. Une rencontre a été organisée avec plusieurs acteurs afin de les sensibiliser à la réalité vécue au sein de l’établissement. La Ville de Dolbeau‑Mistassini s’est d’ailleurs montrée réceptive. Lors de son plus récent conseil municipal, elle a adopté une résolution appuyant les démarches de l’école primaire.

Du côté du Centre de services scolaire, un important soutien a également été offert. Les organismes du milieu ont eux aussi répondu présents, étant prêts à contribuer selon les besoins identifiés.

La mission demeure la même pour tous, celle d’offrir à chaque jeune les meilleures conditions pour réussir, affirme le directeur Joël Tremblay.

Qu’est-ce que l'IMSE?

L’indice de milieu socioéconomique (IMSE) est un outil utilisé par Québec depuis près de 30 ans pour mesurer la défavorisation des écoles. Il repose sur deux facteurs : le niveau de scolarité des mères et la situation d’emploi des parents. L’indice permet de classer les écoles de 1 à 10, du moins au plus défavorisé.

Les écoles ayant un rang de 7 à 10 reçoivent un soutien financier supplémentaire, et celles classées 9 ou 10 bénéficient aussi de groupes plus petits.

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