La Confédération des syndicats nationaux (CSN) fustige l’octroi, par le ministère des Ressources naturelles et des Forêts, d’un contrat en infonuagique à la multinationale Amazon dans les dernières semaines.
Selon la centrale syndicale, cette décision va à l’encontre d’une directive gouvernementale adoptée il y a à peine un an par le Conseil du trésor visant à empêcher l’administration québécoise de s’approvisionner auprès d’Amazon.
Cette directive avait été émise dans le contexte de la fermeture des sept entrepôts d’Amazon au Québec, survenue à la suite d’une tentative de syndicalisation. Cette décision de l’entreprise américaine avait entraîné la perte de plus de 4 500 emplois selon la CSN.
« Le gouvernement de la CAQ nous avait donné l'assurance qu'une compagnie qui ne respectait pas le cadre légal du Québec ne devrait pas pouvoir faire des affaires au Québec. », a affirmé la présidente de la CSN, Caroline Senneville, allant jusqu’à qualifier la décision ministérielle de « claque au visage » pour les personnes ayant perdu leur emploi.
La CSN demande ainsi au gouvernement d’annuler le contrat et de privilégier des entreprises québécoises. À défaut, elle souhaite que l’État fasse affaire avec des compagnies qui respectent le droit à la syndicalisation au Québec.
Rappelons que la CSN a intenté un procès au lendemain de la fermeture des entrepôts d’Amazon, dossier qui se poursuit toujours devant le Tribunal administratif du travail (TAT). Dans sa plainte déposée le 20 février 2025, la centrale soutient que la décision d’Amazon relève d’un « vaste subterfuge » visant à se soustraire à ses obligations prévues par la loi et à faire disparaître toute présence syndicale au sein de l’entreprise.
« La multinationale ne cesse pas ses activités de vente en ligne sur le territoire. Elle choisit de réorganiser ses activités dans le but d'éluder ses obligations d'employeur en vertu du Code du travail », précise la requête de la CSN qui exige que la décision d'Amazon soit infirmée par le tribunal.