Économie

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Forêt soustraite à la récolte

L’Alliance des communautés forestières exige des statuts clairs

Le 14 mai 2026 — Modifié à 16 h 00 min
Par Émile Boudreau - Journaliste

L’Alliance des communautés forestières interpelle le gouvernement du Québec afin qu’il fournisse sans délai des précisions au Forestier en chef concernant le statut de 8,5 millions d’hectares de forêt publique actuellement soustraits à la récolte.

Selon l’Alliance, cette superficie, qui représente environ 20 % du territoire forestier public, fait toujours l’objet de questionnements dans le cadre du calcul des possibilités forestières pour la période 2028-2033, alors que le ministère a tout en main pour produire les documents demandés et répondre au Forestier en chef.

« Afin d’établir les possibilités forestières à l’automne 2026, le Forestier en chef doit connaître le territoire sur lequel la récolte de bois peut être réalisée. Ces informations sont transmises par le ministère des Ressources naturelles et des Forêts, qui actuellement, en ne lui donnant aucune information, met en péril non seulement le secteur forestier, mais la forêt elle-même. », mentionne le président de l’Alliance des communautés forestières, Yanick Baillargeon.

Des territoires évités depuis plusieurs années

Déjà en septembre 2024, le Forestier en chef signalait qu’une importante superficie de forêt intégrée aux calculs de possibilités forestières était, dans les faits, évitée lors des opérations de récolte depuis plusieurs années.

Les raisons de ces évitements sont multiples : protection du caribou forestier, projets d’aires protégées, harmonisation avec d’autres usages du territoire, ainsi qu’avec les droits et intérêts des Premières Nations.

Bien que les évitements soient généralement temporaires, en attendant des décisions gouvernementales, leur prolongation sur de longues périodes ou leur accumulation sur de grandes superficies soulève des préoccupations sur la pérennité de la ressource.

Des communications jugées insuffisantes

L’organisation critique également le manque de coordination entre les ministères concernés. Elle souligne notamment que le ministère des Ressources naturelles et des Forêts n’aurait pas pris en compte ni transmis au ministère de l’Environnement un rapport produit en 2023 par le Forestier en chef.

Ce document visait à évaluer l’atteinte de l’objectif du Plan nature 2030, qui prévoit la protection de 30 % du territoire, sans impact sur la possibilité forestière. Pour l’Alliance, cette omission accentue l’incertitude entourant la gestion future du territoire forestier.

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