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Alexandre Larouche se montre optimiste

Des signes encourageants pour le marché du bois d’œuvre

Le 08 mai 2026 à 14 h 31
Par Emmanuelle LeBlond - Journaliste de l'initiative de journalisme local (IJL)

Alexandre Larouche, économiste en chef du Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ), se dit fondamentalement optimiste quant à l’avenir du marché du bois d’œuvre, tant à moyen qu’à long terme.

De passage à Dolbeau‑Mistassini le 8 mai dans le cadre du Grand rassemblement de la forêt, l’économiste a présenté en avant-midi un portrait de la situation actuelle et des perspectives d’avenir du marché du bois d’œuvre. Son analyse s’est révélée globalement positive.

« Les taxes, combinées au ralentissement de la demande, nous ont fait très mal, a-t-il reconnu. Nos entreprises et nos entrepreneurs en souffrent encore aujourd’hui. Il faut rappeler que notre secteur demeure solide et porteur. Moi, j’y crois profondément : l’industrie forestière est un secteur d’avenir. »

Plusieurs indicateurs lui permettent d’entrevoir une amélioration, notamment ceux liés aux mises en chantier aux États‑Unis et au Canada. Comparativement à l’an dernier, ces mises en chantier sont en hausse, et la demande suit également une tendance positive.

« Les Américains ont prévu le coup. Ils savaient que le bois canadien deviendrait beaucoup plus cher en cours d’année. Ils ont fait des stocks. L’enjeu, c’est que ça finit par s’épuiser. C’est à ce moment-là que les téléphones commencent à résonner de façon plus fréquente au niveau canadien », explique-t-il, en rappelant qu’historiquement, les États‑Unis ne parviennent pas à s’autosuffire en bois.

Alexandre Larouche souligne également que la situation de l’offre a joué un rôle important. Selon lui, les Européens disposaient d’un important surplus de bois et ont pu tirer avantage de leur position, notamment parce qu’ils ne sont pas taxés au même niveau que les entreprises d’ici lorsqu’ils entrent sur le marché pour concurrencer. Les indicateurs montrent toutefois qu’ils ne pourront pas maintenir ce rythme indéfiniment. Ils continueront de faire concurrence, mais possiblement dans une moindre mesure, soutient-il.

Le bois canadien demeure actuellement le plus coûteux en raison des tarifs douaniers imposés par les États‑Unis, mais une baisse d’environ 10 % est anticipée d’ici la prochaine année, ajoute-t-il.

Demande en logements

La demande en logements augmente aux États-Unis, ce qui représente une bonne nouvelle pour le marché du bois d’œuvre. « Les politiques de Trump ne changent rien à la croissance de la population. C’est un facteur naturel qui fait qu’il y a une croissance pour de la demande de logements aux États-Unis. C’est positif. »

La situation est similaire au Canada. La SCHL estime que l’on construit actuellement entre 50 000 et 60 000 logements par année au Québec, alors qu’une étude indique qu’il en faudrait plutôt 100 000, soit le double, pendant cinq ou six ans pour rétablir un équilibre entre l’offre et la demande. Le gouvernement doit donc envisager des mesures pour faciliter l’augmentation de l’offre.

« Par rapport au bois, ce n’est pas seulement de construire davantage, mais d’utiliser le bois. Au Canada et au Québec, on construit plus de multilogements où on va souvent utiliser d’autres matériaux. Dans les grandes villes, on va utiliser le béton ou l’acier. On est capable d’augmenter l’apport de l’utilisation du bois. C’est un matériau local qui est durable. C’est une façon de le valoriser. »

Quant au prix du bois, Alexandre Larouche observe une hausse progressive. Ce n’est toutefois pas encore suffisant pour assurer une rentabilité à long terme, mais la tendance semble appelée à se poursuivre dans les prochains mois.

Finalement, il a tenu à adresser un message aux acteurs du milieu : « Ne lâchez pas. L’avenir est prometteur. Le pire est derrière nous. Ça va continuer d’être difficile dans les prochains mois, on n’est pas encore rendus à un point où tout va bien. Il reste des moments difficiles à traverser. Mais on est déjà sur la pente ascendante. On s’en va dans la bonne direction. »

Le Grand rassemblement de la forêt proposait une programmation variée, où il a été possible d'entendre Rafael Jacob de la Chaire Raoul-Dandurand, Richard Garneau ex-PDG de Produits forestiers Résolu et le président de l'AQEF et ses invités, au Complexe immobilier Saint-Jean. 

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