Chroniques

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Louis Arcand en liberté !

Le comté Roberval : un patient que l’on laisse mourir

Le 30 avril 2026 — Modifié à 06 h 34 min
Par Louis Arcand

Ce texte, je l’ai corrigé des dizaines de fois. Les premières versions, je les trouvais trop dures. Mais Il faut avoir le courage de se dire les vraies choses, car jouer à l’autruche devient une forme de complicité. Alors, voici la version plus douce.

Dans notre région, la circonscription de Roberval est malade. Elle s’étiole depuis des années dans une forme de décroissance tranquille. C’est comme un cancer lent qui progresse sans bruit ; l’absence de douleur immédiate nous empêche de paniquer, mais le mal est profond. Nous sommes diagnostiqués, mais faute de traitement — sans chimiothérapie économique ni vision politique — nous mourons à petit feu.

Le constat est brutal : les MRC de Maria-Chapdelaine et du Domaine-du-Roy se trouvent dans le « quintile 5 », soit le groupe des territoires les plus dévitalisés au Québec. Pourquoi en sommes-nous là ? La réponse est simple : notre modèle mono-industriel craque. Notre pilier, la foresterie, traverse une crise perpétuelle depuis près de trente ans, et nous assistons, impuissants, à son déclin.

Pourtant, le gouvernement à Québec semble avoir trouvé un remède pour les autres. L’idée de créer des zones d’innovation technologique est excellente, mais alors que Saguenay reçoit 31 millions de dollars pour l’aluminium et que Sherbrooke voit plus de 100 millions injectés dans le secteur quantique, le Lac-Saint-Jean, lui, attend toujours son tour.

Que font nos élus ? Où est le plan pour nous redonner un second souffle ? Malheureusement, le vide est frappant. Notre députée actuelle a récemment confirmé son départ de la vie politique, laissant derrière elle un bilan où l’élan promis n’a jamais pris son envol. Quant à nos élus locaux, ils semblent souvent accaparés par la gestion urgente du quotidien — les ponceaux, les routes et les budgets — au détriment d’une réflexion stratégique à long terme. Pendant ce temps, à Saguenay, l’administration de Luc Boivin avance à vitesse grand V avec des projets et des innovations qui captent l’attention.

Chez nous, quelques volontaires tentent bien d’agir, mais ils travaillent souvent en vase clos. Il faut dire que le gouvernement a lui-même affaibli la concertation régionale en démantelant les organismes comme les CRÉ, qui permettaient de rassembler les décideurs et de donner du poids à nos revendications face à une métropole qui regarde trop souvent vers le sud. Le contraste est frappant : quand je reviens chez nous, je ne vois que les signes d’un déclin continu, des fermetures de commerces et des faillites silencieuses.

Que faut-il faire ? Mobiliser nos talents, nos entreprises et nos institutions ? Garder ici le fruit et l’argent de nos ressources naturelles qui sont exploités au sud de la province ? Réclamer haut et fort notre juste part pour que nos gouvernements investissent ici afin de bâtir un véritable écosystème économique ? Il y a bien le projet d’éoliennes ou celui de

l’énergie solaire mais ils laisseront seulement quelques millions, mais pas d’emplois à long terme. Si nous n’agissons pas maintenant, le cancer va continuer de nous ronger.

Mais malgré ce constat sombre, il y a un espoir. Le cancer se guérit maintenant ; la médecine a fait des avancées incroyables. Alors il n’est peut-être pas trop tard pour améliorer l’état de santé du comté de Roberval. Encore faut-il que le malade décide de se battre mais le malade est malheureusement très silencieux.

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