Après cinq années de relative stabilité, le commerce en ligne connaît un nouveau souffle au Québec et atteint un sommet historique. C’est ce que révèle la plus récente enquête NETendances, publiée par l’Académie de la transformation numérique (ATN) de l’Université Laval.
Selon l’étude, plus de quatre Québécois sur cinq (82 %) effectuent des achats en ligne, une hausse marquée de huit points de pourcentage par rapport à l’an dernier. Cette croissance s’accompagne toutefois d’une diminution de la part des achats en ligne réalisés sur Amazon. Celle-ci a reculé de 10 points de pourcentage en un an, passant de 64 % à 54 %.
Cette baisse profite directement aux marchands québécois et canadiens, dont les parts de marché ont progressé respectivement de trois et de six points de pourcentage. Ensemble, ils captent désormais près du tiers (31 %) des dépenses en ligne des cyberacheteurs du Québec.
« Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce déplacement des dépenses. Le virage protectionniste de notre voisin du Sud pourrait notamment teinter la perception des consommateurs, influencés par la vague nationaliste que cela a pu entraîner. Par ailleurs, la décision d’Amazon de fermer ses entrepôts québécois a été vue très négativement au Québec, certains consommateurs ayant choisi de se tourner vers des concurrents. », explique Yan Cimon, professeur à la Faculté des sciences de l’administration et expert-invité de l’enquête.
Des obstacles persistants pour les marchands québécois
Malgré cette progression, les entreprises d’ici font encore face à plusieurs défis. Bien que 55 % des cyberacheteurs affirment avoir acheté auprès de marchands québécois, seulement 10 % disent y consacrer la majorité de leurs dépenses en ligne. Cette proportion est plus élevée chez les personnes âgées de 55 ans et plus (15 %) ainsi que chez les femmes (12 %).
Les principaux freins à l’achat en ligne auprès de marchands québécois demeurent financiers. La moitié des cyberacheteurs évoquent des prix plus élevés (50 %) et des frais de livraison jugés trop importants (48 %). À cela s’ajoutent le manque de choix ou de disponibilité des produits (29 %), la complexité des retours (20 %) et des délais de livraison plus longs (19 %).
Le téléphone au cœur des habitudes d’achat
L’enquête confirme par ailleurs l’essor du commerce mobile. Près de 77 % des cyberacheteurs utilisent leur téléphone pour effectuer des achats en ligne, et 43 % le font régulièrement.
Cette pratique est particulièrement répandue chez les 25 à 44 ans, dont le tiers affirme toujours acheter à partir de leur appareil mobile, ainsi que chez les femmes (27 %). À l’inverse, les personnes de 55 ans et plus demeurent plus réticentes : 46 % déclarent ne jamais utiliser leur téléphone pour leurs achats en ligne.
Le poids croissant des avis en ligne
Enfin, les avis de consommateurs jouent un rôle déterminant dans les décisions d’achat des Québécois. Près de la moitié des cyberacheteurs (47 %) disent en être influencés, une proportion qui grimpe à 63 % chez les 18 à 44 ans et à 51 % chez les femmes. Les personnes de 65 ans et plus se montrent toutefois nettement moins sensibles à ces recommandations.
L’influence des avis est aussi plus forte pour les achats importants : 66 % des cyberacheteurs les consultent pour des achats de 100 $ et plus, contre 52 % pour des dépenses de moins de 100$.