Après quatre décennies à consacrer sa vie au bien-être des animaux, le fondateur du Refuge animal de Roberval Michel Bouchard souhaite passer le flambeau. À l’aube de ses 70 ans, celui qui a fait du refuge une véritable référence dans la région espère trouver de la relève pour son organisation.
« Je recherche des gens passionnés, prêts à poursuivre notre mission », confie-t-il.
Fondé il y a 40 ans, le refuge emploie actuellement 17 personnes et se distingue par sa capacité à conjuguer mission sociale et viabilité économique.
« On est chanceux, parce que c’est un domaine particulier, mais on a réussi à tirer notre épingle du jeu et à demeurer rentable », explique Michel Bouchard avec fierté.
Chaque année, le refuge accueille près de 700 à 800 animaux abandonnés, perdus ou mal-aimés, principalement des chats et des chiens, mais aussi des lapins, des oiseaux et d’autres petites bêtes. Environ 90 % de ces animaux trouvent une nouvelle famille.
« Je dis souvent aux gens que chaque dollar dépensé ici contribue directement au bien-être animal. C’est ce qui nous permet de soigner, stériliser et replacer nos pensionnaires. »
Offrir une seconde chance
Une partie de la rentabilité du refuge repose sur son animalerie, qui propose produits, accessoires et services variés. Ces revenus servent à financer la mission première : offrir une seconde chance aux animaux abandonnés.
« Quand un animal arrive chez nous, c’est souvent parce qu’il n’a pas été chanceux la première fois. Notre objectif, c’est qu’il soit heureux pour le reste de sa vie », dit-il.
Les services de contrôle animaliers se sont aussi étendus au fil du temps. Le refuge dessert maintenant les MRC de Maria-Chapdelaine et Domaine-du-Roy, soit près de 30 municipalités, avec un service de patrouilleurs d’urgence disponible jour et nuit pour récupérer des animaux blessés, perdus ou accidentés.
Des progrès marquants dans le bien-être animal
Depuis ses débuts, Michel Bouchard a vu évoluer les mentalités. Selon lui, les propriétaires d’animaux sont aujourd’hui plus conscients de leurs responsabilités.
« Les soins vétérinaires coûtent cher, mais les gens n’hésitent plus à investir. Et le nombre de portées non désirées a chuté grâce à la stérilisation », constate-t-il.
Mais aujourd’hui encore, le refuge doit notamment intervenir parce qu’il y a des chats errants.
« Ils sont laissés souvent sous des galeries et les gens les nourrissent, ce qui n’est pas conseillé. Ils deviennent nombreux et c’est problématique pour nous de les replacer par la suite parce qu’ils sont sauvages. »
Michel Bouchard déplore également avoir vu des cas de cruauté animale, mais ajoute qu’heureusement, ils sont rapidement dénoncés aujourd’hui sur les réseaux sociaux.
Quoi qu’il en soit, si l’organisme se porte bien, la question de la relève demeure cruciale.
« J’ai eu quelques prospects ces dernières années, termine le propriétaire du refuge, mais rien de concret. Il faut des gens passionnés, orientés vers le bien-être animal, mais conscients aussi de la réalité économique. »