La Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ) tire la sonnette d’alarme à la suite de la publication des données finales du jumelage pancanadien en résidence pour l’année 2026-2027.
Malgré un nombre accru de finissants en médecine, le Québec accueillera 46 nouveaux médecins résidents de moins à compter du 1er juillet prochain, passant de 943 à 897 admissions en formation postdoctorale. La FMRQ attribue cette baisse à la dévalorisation de la profession par le gouvernement du Québec.
« Un tel résultat est en nette rupture avec les tendances positives des dernières années. Il s'explique essentiellement par une baisse du nombre de futurs médecins résidents en médecine de famille comparativement à l'an dernier. », affirme le président de la FMRQ, le Dr Louis-Charles Desbiens.
Dans les faits, ce sont 39 futurs médecins de famille de moins qui amorceront leur résidence au Québec cette année par rapport à l’an dernier. Une situation que le Dr Desbiens attribue directement aux choix politiques du gouvernement caquiste et, plus précisément, aux actions de l’ancien ministre de la Santé, Christian Dubé.
Le président de la FMRQ évoque une « croisade législative » menée en 2025 par le ministre contre la profession médicale, qui aurait eu pour effet de décourager la relève, en particulier en médecine de famille. Selon lui, plusieurs étudiants auraient choisi de compléter leur résidence à l’extérieur du Québec ou encore de reporter leur entrée en formation postdoctorale.
« Le gouvernement de la CAQ, qui avait pourtant posé le bon diagnostic en haussant les admissions en médecine, s'est ensuite mis lui-même à contrer les effets positifs de ses propres mesures en dévalorisant la profession médicale. », souligne le président. Il ajoute que la situation actuelle dépasse même les scénarios les plus pessimistes anticipés par la Fédération.
Dans ce contexte, la FMRQ appelle la nouvelle ministre de la Santé à changer rapidement de cap en ayant une approche davantage axée sur la collaboration avec la profession médicale et en abandonnant la possibilité d’émettre de nouvelles contraintes visant la relève.
« Notre système de formation médicale est organisé sur une base pancanadienne depuis plus de 20 ans et la réduction des barrières interprovinciales est plus que jamais à l'ordre du jour devant le climat politique instable qui prévaut aux États-Unis. Ce n'est donc vraiment pas le moment d'ajouter des contraintes à la pratique médicale. Il faut plutôt mettre en place des conditions de pratique plus attractives pour compter sur davantage de relève médicale. », ajoute le Dr Desbiens.