Le Mouvement Onésime‑Tremblay accuse Rio Tinto de multiplier, depuis plusieurs années, les stratégies afin de se dégager de ses responsabilités dans le dossier de l’érosion de la Pointe Langevin.
Le Mouvement soutient notamment que Rio Tinto a retenu les services d’une firme de consultants, moyennant des honoraires évalués à plusieurs centaines de milliers de dollars, afin d’identifier la source de l’érosion. Cette étude aurait conclu que la Petite rivière Péribonka, une rivière qui n’est pas sous le contrôle de Rio Tinto, serait à l’origine du problème.
Une conclusion que conteste vivement le Mouvement Onésime‑Tremblay, qui y voit un alibi permettant à l’entreprise d’éviter toute responsabilité. Selon l’organisme, Rio Tinto contrôle environ 60 % du débit du bassin versant de la rivière Péribonka, laquelle représente près de 95 % du débit susceptible d’influencer l’érosion de la Pointe Langevin. À l’inverse, la Petite rivière Péribonka ne représenterait qu’environ 5 % de ce débit.
« Ça se rapproche d’un miracle. Peut‑être devrait‑on penser y élever un monument commémoratif de ce miracle. », a lancé avec ironie Denis Trottier, porte‑parole du Mouvement Onésime‑Tremblay, qui observe ce milieu naturel depuis près de 70 ans. Selon lui, la firme de consultants n’aurait eu aucun intérêt à produire un rapport mettant en cause l’entreprise qui lui a confié le mandat.
Le Mouvement maintient donc que Rio Tinto est le principal responsable de la hausse du débit de la rivière Péribonka, lequel aurait augmenté de 500 mètres cubes sur une base annuelle depuis la construction de ses barrages. Aujourd’hui, le débit moyen annuel de la rivière atteindrait 612 mètres cubes.
« Il s’agit là du cœur du problème. Lorsque vous augmentez le débit de 500 %, par le biais de vos ouvrages de production d’énergie et de leurs réservoirs, vous modifiez en profondeur un milieu naturel qui avait établi un équilibre fragile au fil des derniers millénaires. », soutient l’organisme.
Le Mouvement craint que l’exclusion de la Pointe Langevin de la responsabilité de Rio Tinto ne crée un précédent inquiétant, ouvrant la porte à un désengagement systématique de l’entreprise en cas de problèmes. Il demande donc que l’ensemble du pourtour du lac Saint-Jean soit assujetti au prochain décret sur les berges, avec une attention particulière portée à la Pointe Langevin.
À court terme, le Mouvement Onésime‑Tremblay recommande à Rio Tinto d’investir quelques millions de dollars pour réparer le site, estimant que ces coûts seraient largement inférieurs aux pertes associées à une détérioration de sa réputation.
Il rappelle enfin que l’entreprise n’aurait pas respecté les conditions liées à l’octroi d’un bail supplémentaire de 25 ans pour ses installations hydroélectriques sur la Péribonka, ce qui, selon lui, permettrait au gouvernement du Québec de reprendre possession de ces installations.