Le Québec n’est pas prêt à affronter la vague de vieillissement qui déferlera au cours des prochaines années, révèle une vaste étude réalisée par la firme Léger pour l’organisme Les Petits Frères.
Selon les projections mises de l’avant, la province comptera plus d’un million de personnes âgées de 75 ans et plus dès 2030. Parmi elles, plus de 200 000 pourraient être touchées par la solitude et l’isolement social, indique l’organisme.
Dans ce contexte, Les Petits Frères appel à une mobilisation collective afin de contrer l’âgisme et l’indifférence qui persistent dans la société québécoise. Ces attitudes, encore trop répandues, nourrissent, selon l’organisme, une « perception erronée » des réalités vécues par les aînés.
« Les années de pandémie ont certainement sensibilisé davantage la population à la précarité des situations vécues par un trop grand nombre de personnes aînées, mais cet élan semble s'être essoufflé au fil des ans. Actuellement, on entend beaucoup moins parler de cet enjeu clé pour l'avenir de notre société. », souligne Catherine Harel Bourdon, présidente-directrice générale des Petits Frères.
Un regard social qui se durcit
L’étude met en évidence plusieurs problématiques vécues par les personnes du troisième âge comme le manque de valorisation, la solitude et l’isolement social, l’individualisme croissant, le regard social, la perte de dignité et l’affaiblissement des liens entre les générations.
Les constats issus du premier volet de l'étude, réalisée auprès de la population générale à la fin de 2025, révèlent que 67 % des Québécois estiment que la solitude des personnes âgées de 75 ans et plus s’est aggravée ces dernières années.
Un second volet, mené principalement auprès de personnes de 55 ans et plus, accentue ce portrait. Pas moins de 85 % des répondants jugent que les aînés de 75 ans et plus ne sont pas suffisamment valorisés au Québec.
« Les résultats de la présente étude corroborent les conclusions des recherches menées par notre équipe au cours des dernières années : l'âgisme ressenti par les personnes âgées demeure un enjeu de société dont l'importance ne cesse de croître. Bien que cette forme de discrimination prenne parfois des allures sournoises, telles l'invisibilisation et l'indifférence, ses effets n'en sont pas moins considérables sur leur bien-être. Fondamentalement, l'âgisme occulte le regard de bienveillance et la valeur accordée aux personnes âgées, celles d'aujourd'hui et de demain. Il interpelle chacun de nous sur la question à savoir comment nous voulons vieillir. », indique la spécialiste du vieillissement Martine Lagacé.