Chroniques

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Centraliser, cette idée qui vieillit mal

Le 27 février 2025 — Modifié à 13 h 22 min
Par Stéphanie Gagnon

Gérer un pays, ou même une province à grande échelle, c’est un peu comme tenter de régler un thermostat unique pour toutes les maisons. Imaginons que la règle soit de le programmer à 18°C pour tout le monde. C’est absurde, que tu sois à Dolbeau-Mistassini ou à Mississauga, les besoins sont variables et différents. C’est peut-être un exemple un peu exagéré, mais vous voyez l’idée : avant d’appartenir à un pays, on appartient d’abord à notre quartier, notre ville, notre région, à notre réalité de proximité. C’est là qu’on prend racine.

Mais, les décisions qui nous touchent sont souvent prises à des centaines de kilomètres par des gens qui n’ont qu’une faible idée de ce que ça implique sur le terrain. C’est un peu comme si la mairesse Plante s’était attaquée au Publisac et que sa campagne s’était propagée de sorte que tout le Québec devait faire comme Montréal.

Ah, oui. C’est ça qui est arrivé, avec toutes les incohérences qui sont venues avec.

Qu’on parle de forêts, de transport en commun, d’entretien des routes, d’éducation ou d’accès aux soins de santé, on se retrouve à gérer des enjeux si différents que géographiquement, ça ne fait aucun sens de vouloir uniformiser.

C’est tout un casse-tête de gérer à grande échelle quand les réalités sont aussi variées. Les regroupements ont du sens quand ils respectent des contextes communs comme le climat, les ressources, la culture, l’économie… Ces éléments forgent naturellement des communautés. Prendre des décisions à distance des réalités locales, c’est risquer de pondre des lois complètement déconnectées. Salut, caribou forestier!

Qu’est-ce qui arrive, quand tu sens que tout se joue au-dessus de ta tête? Un problème majeur : les gens décrochent. Quand des inconnus, éloignés de leur réalité et de leurs priorités, imposent des décisions, ils ont l’impression que ça ne les concerne plus. "Le système", c’est devenu un monstre impersonnel qui brasse des papiers sans jamais regarder les visages. Résultat : perte de confiance, cynisme, et une démocratie qui s’effrite, pendant que tout le monde lève les yeux au ciel et arrête d’aller voter, se disant : « À quoi bon? »

Prenons l’exemple du redécoupage des circonscriptions fédérales de Lac-Saint-Jean et Jonquière. Des municipalités comme Hébertville et Saint-Stanislas passent de la première à la seconde. Où est la cohérence là-dedans?

J’aimerais qu’on accorde plus de confiance à ceux qui connaissent véritablement leur milieu, ceux qui sont les mieux placés pour en gérer le développement, son économie et ses infrastructures parce qu’ils ont la connaissance terrain.

L’autogestion, ce n’est pas l’anarchie, c’est simplement reconnaître que les meilleures décisions sont prises par ceux et celles qui vivent les réalités du quotidien, sans passer par quinze niveaux de bureaucratie.

Et tout ça ne nous isolerait pas, au contraire. Être autonome nous permet de participer activement, et plus fort, au grand tableau. À nous rassembler pour une cause commune quand c’est vraiment important, comme aujourd’hui, face à la menace des États-Unis. Soyons plus assumés et solides en petites communautés.

Vauvert inclus, hihu! 

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