Le budget 2026‑2027 du Québec, déposé mercredi par le ministre des Finances Éric Girard, suscite des réactions contrastées au sein du réseau collégial. Alors que la Fédération des cégeps accueille l’exercice budgétaire avec un certain soulagement, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) y voit plutôt une occasion manquée et un manque de vision pour l’avenir de l’enseignement supérieur.
Regroupant 48 collèges publics, la Fédération des cégeps se réjouit de l’augmentation de 3,7 % du financement accordé à l’enseignement supérieur. Selon elle, cette hausse devrait permettre de couvrir les coûts de système, notamment les indexations salariales, ainsi que la croissance de la population étudiante.
La Fédération salue également la reconduction, pour une année supplémentaire, du Plan d’action sur la réussite en enseignement supérieur, de même que la poursuite des mesures visant à soutenir les étudiantes et étudiants aux prises avec des problèmes de santé mentale.
« Nous sommes heureux de constater que plusieurs messages portés par le réseau ont été entendus. Toutefois, des investissements supplémentaires demeurent nécessaires pour répondre aux besoins majeurs en infrastructures. », a souligné la présidente‑directrice générale de la Fédération des cégeps, Marie Montpetit.
Sur ce plan, le compte n’y est pas. Alors que la Fédération réclamait 950 M$ pour les infrastructures au cours de la prochaine année, les investissements additionnels inscrits au Plan québécois des infrastructures (PQI) 2026‑2036 pour les cégeps totalisent 370,2 M$.
Des montants jugés nettement insuffisants pour résorber le déficit du maintien d’actifs et moderniser les bâtiments et les équipements. La situation est d’autant plus préoccupante que seulement 35 % du parc immobilier des cégeps est actuellement considéré en bon état selon la Fédération.
Pas de perspectives pour la population étudiante
Du côté étudiant, le ton est beaucoup plus critique. La FECQ estime que le budget « manque d’ambition » et « ne corrige en rien les reculs imposés au réseau collégial ces dernières années ».
Selon l’organisation, les plans d’action sur la réussite et sur la santé mentale étudiante sont absents du budget, tout comme un fonds d’urgence pour lutter contre l’insécurité alimentaire sur les campus. La FECQ est aussi déçue de voir que la rémunération des stages demeure exclue des priorités gouvernementales.
La FECQ dénonce par ailleurs le maintien des « compressions de 151 M$ » imposées aux cégeps et le gel de recrutement, des mesures qui fragilisent, selon elle, les services aux personnes étudiantes.
Sur le plan des infrastructures, l’organisation affirme que le gouvernement investit le « strict minimum », pendant que les infrastructures des cégeps continuent de se détériorer et que les salles de classe, surchargées, limitent l’accès aux études collégiales faute de places.
« Si le gouvernement souhaitait se dégager des allégations d'austérité, il y est parvenu, mais sans offrir de véritable vision. Ce qui aurait pu être un budget audacieux, aligné sur les priorités de la population québécoise, se transforme en exercice fade, sans personnalité, qui se contente de répondre aux critiques plutôt que de bâtir l'avenir. », conclut Christopher Zéphyr, président de la FECQ.