Selon un sondage mené à l’automne 2025 auprès de 667 personnes inscrites dans des cégeps et des universités du Québec, l’insécurité alimentaire demeure une réalité encore sous-estimé.
Réalisée par Équiterre, en collaboration avec la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et l’Union étudiante du Québec (UEQ), l’enquête montre que, parmi les étudiants vivant une situation d’insécurité alimentaire — soit ceux qui manquent parfois ou souvent de nourriture — 20 % disent sauter régulièrement des repas. Plus troublant encore, près de la moitié des jeunes concernés n’ont jamais eu recours à l’aide alimentaire offerte sur leur campus.
Parmi les obstacles à une alimentation adéquate identifié dans le cadre du sondage d’Équiterre, le coût élevé de la nourriture arrive en tête des difficultés mentionnées. S’ajoutent le manque de temps, notamment pour les étudiants qui jonglent entre cours, stages et emplois, ainsi que la stigmatisation associée à la précarité. Plusieurs répondants évoquent aussi un déficit de connaissances culinaires et de littératie alimentaire. Enfin, pour près du quart des étudiants sondés, l’absence d’équipements pour cuisiner constitue un frein majeur.
Ces résultats s’inscrivent dans la continuité d’autres données alarmantes révélé en février 2025 dans le cadre d’une enquête menée dans six institutions collégiales québécoises. Celle-ci révélait déjà que 44 % des élèves vivaient une forme d’insécurité alimentaire, qu’elle soit grave, modérée ou légère.
Des solutions adaptées sur les campus
« Les étudiants consultés ne veulent pas la charité. Ils réclament des solutions concrètes, accessibles et respectueuses de leur réalité. Dans une phase critique aussi importante de leur vie, se nourrir ne devrait pas être une source majeure d'anxiété. », a déclaré Lyanna Toupin, responsable de la Commission des affaires sociopolitiques de la FECQ.
Parmi les solution les plus populaires issues de la consultation figurent une offre alimentaire plus abordable sur et hors campus, des frigos et garde-manger communautaires mieux approvisionnés, des cafés et épiceries à tarification solidaire, des repas gratuits, des rabais étudiants et une meilleure communication sur les aides existantes.
« La résolution de ce problème ne peut reposer que sur les personnes étudiantes. Il nous faut aussi l'engagement des établissements d'enseignement supérieur et des décisionnaires politiques. », a pour sa part expliqué Mégane Larochelle, Coordonnatrice aux affaires académiques de l’UEQ.