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5000 places dans des garderies privées seront subventionnées

Entre espoir et prudence, La Petite Fabrique attend son tour

Emmanuelle LeBlond
Le 23 mars 2026 — Modifié à 08 h 28 min
Par Emmanuelle LeBlond - Journaliste

Québec financera 5 000 places en garderies non subventionnées, une annonce qui redonne un brin d’espoir à la Petite Fabrique de Girardville, qui se bat depuis plusieurs années pour convertir ses places. Sa propriétaire, Jenny Lapointe, accueille la nouvelle avec optimisme, demeurant toutefois prudente, consciente que rien n’est encore gagné.

La nouvelle a été annoncée à la veille du dépôt du budget provincial. Les familles pourront bénéficier de ces nouvelles places au tarif d’environ 10 $ par jour dès 2026‑2027.

De son côté, Jenny Lapointe admet vivre un mélange d’émotions. « C’est sûr que je suis excitée et contente, exprime-t-elle. Ça va peut-être être mon tour. C’est rempli d’incertitudes en même temps. Si mon territoire n’est pas ciblé dans l’appel de projets, je ne peux pas poser ma candidature. Je ne peux même pas m’essayer. Au contraire, si la MRC de Maria Chapdelaine est ciblée, je vais pouvoir poser ma candidature. Si on est retenu, évidemment, ça va être merveilleux. »

La garderie la Petite Fabrique, fondée en 2017, accueille une quarantaine d’enfants, au coût de 57 $ par jour.

En 2019, à la suite de l’abolition de la modulation des tarifs selon le revenu et du retour au tarif unique dans les services subventionnés, sa propriétaire, Jenny Lapointe, a entrepris des démarches pour obtenir des places subventionnées. Depuis, elle poursuit ce processus afin d’assurer la pérennité de son établissement

Jenny Lapointe a participé en 2024 à un appel à projets du ministère de la Famille pour la conversion de places, sans succès.

La propriétaire de la garderie privée non subventionnée insiste sur l’importance de sa démarche. « Les gens ont souvent tendance à penser que ça prend juste des milieux familiaux dans les régions éloignées, c’est faux. Ça donne beaucoup de latitude aux parents une installation. Même si on est loin, même si on est dans un petit village, c’est important qu’on reste et qu’on demeure là. »

Pour elle, c’est la survie de sa garderie qui est en jeu. Impliquée dans le regroupement du tarif unique, Jenny Lapointe multiplie depuis février les prises de parole sur les réseaux sociaux. Son message a trouvé écho.

« Les gens sont derrière nous. Ils considèrent qu’on est un maillon essentiel dans l’économie », affirme-t-elle.

Elle encourage d’ailleurs la population à signer la pétition réclamant un tarif unique pour tous les types de services de garde. « Quand j’ai commencé à dénoncer la situation et à parler de notre réalité, on a vu un bond extraordinaire de signatures pour la pétition électronique. On parle d’une augmentation d’environ 1200. On suppose que c’est ma communauté qui s’est mobilisée. »

« Le Marché Girardville m’a demandé une pétition papier. On a ressorti la pétition papier pendant quelques semaines. Ils ont fait signer les gens. On a renvoyé plus de 300 noms en papier », poursuit-elle.

Position de la Chambre

La Chambre de commerce et d’industrie du secteur Normandin et secteur GÉANT a récemment publié une lettre d’appui à la garderie La petite Fabrique.

« Au niveau économique, en tant que chambre de commerce, on travaille pour attirer des familles. On veut aider les entrepreneurs pour qu’ils se trouvent des employés. Pour se faire, il faut qu’il y ait une qualité de vie et des places en garderie. Tout le milieu autour est interrelié », soutient la directrice générale, Christine Jobin.

Elle souligne également la pression financière que subissent les familles. « Le coût élevé des places non subventionnées crée un sentiment d’injustice et avec les augmentations dans plusieurs secteurs économiques, la crainte est de perdre ce service ess4entiel dans la localité pour les années futures si l’offre est différente et plus abordable ailleurs. Les besoins sont là, il ne reste qu’à uniformiser l’offre pour tous », écrit-elle.

Selon la Chambre, la demande de conversion de places n’est pas nouvelle et elle doit être considérée « comme prioritaire et traitée convenablement ».

Pour la suite, Jenny Lapointe ne baisse pas les bras. Une rencontre est prévue au cours de la semaine du 23 mars avec la députée de Roberval, Nancy Guillemette, ainsi que le maire de Girardville, Vincent Bekher.

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