Actualités

Temps de lecture : 3 min 12 s

« Je veux que ça continue »

La Petite Fabrique se bat pour être subventionnée

Le 26 février 2026 — Modifié à 18 h 06 min
Par Emmanuelle LeBlond - Journaliste

La directrice générale de la Petite Fabrique, Jenny Lapointe, se bat depuis plusieurs années pour que sa garderie privée soit subventionnée à Girardville. Malgré ses nombreuses démarches, rien n’aboutit. Si la situation ne change pas, c’est la survie même de son établissement qui est menacée.

En 2015, Jenny Lapointe, résidente de Girardville et éducatrice en Centre de la petite enfance (CPE), s’est retrouvée sans service de garde lorsque l’établissement fréquenté par ses trois enfants a fermé ses portes. « J’ai été sept jours sans dormir, exprime-t-elle. Mes parents m’ont dit que c’était le temps d’ouvrir une garderie. »

« Il y avait trois milieux familiaux à Girardville. Je les ai approchés. Je leur ai parlé de mon projet et de ma vision. Il y en a deux d’entre elles qui ont embarqué. Elles ont fermé leur milieu pour venir avec moi », poursuit-elle.

C’est ainsi que la Petite Fabrique a vu le jour sur la rue Principale. Au départ, une trentaine de places étaient offertes aux familles. La demande étant bien présente, le nombre a grimpé à 41. Aujourd’hui, la garderie privée non subventionnée compte huit éducatrices au sein de son équipe. Elle accueille des enfants provenant de Girardville, Normandin, Saint-Edmond-les-Plaines et Albanel.

Un écart qui se creuse

En 2019, le gouvernement du Québec a mis fin à la modulation des tarifs dans les services de garde subventionnés, rétablissant ainsi un tarif unique pour les parents fréquentant un CPE ou une garderie subventionnée.

Cette réforme a toutefois désavantagé les garderies privées non subventionnées : l’écart de prix avec les services subventionnés s’est accentué, leurs tarifs (fixés librement) demeurant beaucoup plus élevés. Elles se sont donc retrouvées nettement moins compétitives.

Le coup a été difficile à prendre pour les parents dont les enfants fréquentaient la Petite Fabrique. Depuis 2019, Jenny Lapointe travaille sans relâche pour faire subventionner sa garderie. En 2024, elle a entre autres participé à un appel à projets du ministère de la Famille pour la conversion de places, sans succès.

« J’ai entrepris beaucoup de démarches avec la municipalité pour devenir subventionnée. Ce sont des refus par-dessus des refus. J’ai assisté à une rencontre avec l’attachée politique du ministère. On n’a jamais rien pour nous », témoigne-t-elle.

Puis les difficultés se sont enchaînées, dont la pandémie de COVID-19, suivie d’une inflation qui ne cesse de grimper. Résultat : tout coûte plus cher à la garderie.

Heureusement, elle peut compter sur l’appui de son entourage. « Si je n’avais pas ma famille et si je n’avais pas un village comme celui-ci, ça ferait longtemps que j’aurais fermé mes portes », reconnaît-elle.

Tarif unique réclamé

Face à la situation, Jenny Lapointe n’a d’autre choix que d’augmenter ses tarifs. Elle se questionne : est-ce que les parents vont suivre? Elle ne pense pas.

« Je charge 57 $ par jour. En ce moment, je suis la garderie la plus chère du secteur », indique-t-elle.

À titre comparatif, les parents paient actuellement 9,65 $ par jour pour une place en garderie subventionnée.

C’est ce qui a poussé Jenny Lapointe à prendre la parole sur les réseaux sociaux pour sensibiliser la communauté à sa réalité. La directrice générale de la Petite Fabrique réclame l’équité pour tous les parents en demandant un coût de garde uniforme, peu importe le type d’établissement.

Elle presse Québec d’accélérer la conversion des garderies privées au réseau subventionné. Elle réclame aussi une hausse du plafond du crédit d’impôt pour frais de garde, pour que les parents paient un montant comparable au tarif subventionné.

Une pétition électronique circule actuellement, et Jenny Lapointe invite la communauté à la signer pour faire bouger les choses.

« Je m’apprête à renouveler mon permis. C’est tous les cinq ans. Ce sera mon dernier si les choses ne changent pas », affirme-t-elle.

Pour elle, l’enjeu dépasse largement son quotidien : « Je veux continuer à travailler ici, et mon équipe aussi. Bien au‑delà de ça, je veux pouvoir dire un jour que ma garderie est encore là et y envoyer mes petits‑enfants. Je veux que ça continue. »

Appui municipal

Consulté sur le dossier, le maire de Girardville, Vincent Beckert, exprime son soutien aux démarches de la Petite Fabrique. Une résolution confirmant cet appui sera adoptée lors du prochain conseil municipal, au début du mois de mars.

« Ce qui me tient à cœur, c’est qu’il y a 41 places non subventionnées dans le village, et pour plusieurs familles, c’est essentiel d’avoir accès à une garderie offrant une telle qualité éducative. Si ça venait à fermer, on perdrait non seulement des travailleurs, mais on mettrait aussi en péril la stabilité de nos jeunes familles », exprime-t-il.

Le maire rappelle également qu’un autre milieu familial est présent à Girardville, offrant six places supplémentaires.

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié hier à 15h00

Québec lance une stratégie pour assurer la relève faunique d’ici 2030

Le gouvernement du Québec a annoncé le déploiement d’une nouvelle stratégie visant à soutenir la relève faunique et à assurer la pérennité de ce secteur économique important pour plusieurs régions de la province. Baptisée Relève faunique 2026-2030, cette initiative mise notamment sur une meilleure accessibilité aux activités de chasse, de pêche ...

Publié hier à 14h00

Les fondations du CIUSSS s’unissent pour soutenir la santé des jeunes

Six fondations affiliées au CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean uniront à nouveau leurs efforts le 11 juin prochain à l’occasion de la 5e édition du barrage routier « Arrête DON$ pour la santé et les services sociaux ». Cette initiative annuelle de financement se déploiera sur l’ensemble du territoire régional, sous le thème « Tous ensemble pour ...

Publié hier à 13h00

Hausse des infestations de fourmis charpentières dans la région

Les fourmis charpentières semblent plus présentes que jamais dans la région, au point où les exterminateurs peinent à répondre à la demande. Selon des informations rapportées par Radio-Canada, plusieurs entreprises de gestion parasitaire sont contraintes de refuser des dizaines de dossiers chaque semaine, faute de disponibilité. Ce phénomène peut ...

Abonnez-vous à nos infolettres

CONSULTEZ NOS ARCHIVES