L’automne prochain, plus de 1000 végétaux comestibles prendront racine sur un terrain de Saint‑Edmond‑les‑Plaines, donnant vie à une forêt nourricière rendue possible grâce à l’expertise de l’organisme Eurêko.
Entre les rues Bernard et Savard, un terrain inutilisé attendait une vocation. La municipalité s’est demandé comment le mettre en valeur, et l’idée d’une forêt nourricière a émergé. Le maire, Martial Gauthier, y voit une foule d’avantages.
« On veut développer notre municipalité. Ça peut attirer une certaine clientèle de citoyens. On parle d’insécurité alimentaire. La forêt nourricière est dans la rue où il y a des Habitations à loyer modique (HLM) déjà. Ça peut donner un petit coup de pouce », dit-il, en ajoutant qu’un tel projet peut aussi renforcer le sentiment d’appartenance à la communauté.
Depuis les dernières années, Eurêko a aménagé une quarantaine de forêts nourricières, à différentes tailles, en partenariat avec des organismes, des écoles et des municipalités sur le territoire. L’organisme, basée à Chicoutimi, a développé une expertise en la matière et sait exactement comment orienter ce type de projet.
Qu’est‑ce qu’une forêt nourricière? « Tous les végétaux qui la composent ont une partie comestible, comme le fruit, la feuille ou la racine », explique Émilie Lapointe, biologiste et chargée de projet en verdissement urbain et agriculture urbaine chez Eurêko.
On y retrouve, par exemple, des arbres fruitiers comme le pommier ou l’amélanchier, ainsi que des arbustes produisant de la camerise ou de la framboise. Des fleurs comestibles, comme l’hémérocalle ou la marguerite, y ont aussi leur place, tout comme diverses fines herbes et même des arbres à noix
À Saint-Edmond-les-Plaines, il est prévu d’aménager une forêt nourricière composée de 1000 végétaux comestibles. Mais ce n’est pas tout. « On vise l’intégration de mobiliers pour créer un lieu de rassemblement. On veut que la population puisse venir y faire des activités. On souhaite aussi que l’école et les enseignants puissent y amener les élèves, un peu comme dans une classe extérieure. Il y aura des bancs, des tables de pique‑nique et un sentier. »
Au‑delà de son apport en autonomie alimentaire, la forêt nourricière offrira un espace propice à la sociabilisation et à la réduction de l’isolement, favorisant notamment les échanges intergénérationnels.
Ce projet est aussi une belle occasion pour éduquer la population. « Ça devient un site éducatif sur ce qui pousse bien dans la région au niveau des végétaux comestibles. Ça permet aux gens de découvrir de nouvelles saveurs. Il y a beaucoup d’arbres fruitiers ou de fleurs comestibles qu'ils ne connaîtront pas », dit Émilie Lapointe.
Des activités sont aussi prévues sur le site dans les deux prochaines années pour informer la population sur les végétaux comestibles. Une affiche, un plan de la forêt nourricière et un calendrier de collecte seront sur place.
La plantation devrait avoir lieu au début du mois de septembre. Les citoyens seront invités à participer au projet, et l’horticultrice de la municipalité, Josiane Soulières, sera présente pour partager ses connaissances.
Dès la première année, les végétaux produiront de la nourriture. L’évolution de la forêt nourricière suivra au fil des saisons.
Ce projet est rendu possible grâce au Fonds santé durable et bien-être des communautés du CIUSSS Saguenay-Lac-Saint-Jean et au Fonds des infrastructures alimentaires locales du ministère de l'Agriculture et l'agroalimentaire du Canada.