La mairesse de Notre‑Dame‑de‑Lorette, Diane Imbeault, a annoncé sa démission à peine quatre mois après son entrée en fonction, évoquant un climat de travail difficile au sein du conseil municipal.
Une lettre a été transmise aux citoyens, le 24 février dernier, pour officialiser la nouvelle. Diane Imbeault avait été élue lors des dernières élections municipales, en novembre dernier, à titre de mairesse, remportant 59,55 % des voix. Le taux de participation s’élevait à 67,33 %. Le poste était autrefois occupé par Rita De Launière, qui est maintenant conseillère municipale.
Dans sa lettre, Diane Imbeault remercie d’abord les électeurs qui lui ont accordé leur confiance. Elle rappelle que son objectif premier était de « sensibiliser les citoyens à participer aux séances ordinaires régulières prévues et respectées au calendrier », ainsi qu’aux séances extraordinaires, afin que la population soit informée sans dissimulation. Elle souligne également sa volonté de protéger le patrimoine de Notre‑Dame‑de‑Lorette en dynamisant les infrastructures du village.
Diane Imbeault décrit ensuite les difficultés rencontrées depuis son entrée en fonction, affirmant avoir fait face à une résistance de la part du conseil.
« Malgré tout mon bon vouloir à servir et informer la population de l’administration municipale par le biais de séances publiques auxquelles vous avez participé en grand nombre et malgré ma volonté de m’intégrer aux conseillers en place et aux nouveaux conseillers, je me bute à une opposition de me considérer comme maire en m’intimidant par le biais de lettre de reproches écrites seulement après un mois et demi de mandat », écrit-elle.
Selon elle, les conseillers en place ne lui ont donné « aucune chance d’intégration et d’apprentissage dans la fonction de maire ». En ce sens, elle constate l’impossibilité de réaliser son mandat avec les conseillers existants, ce qui mène à sa démission.
L’autrice de ces lignes a tenté de plusieurs manières de contacter Diane Imbeault pour obtenir davantage d’informations, sans succès.
Des citoyens préoccupés
La démission de la mairesse a ébranlé plusieurs citoyens. Une résidente de Notre-Dame-de-Lorette, préférant taire son identité, a d’ailleurs contacté Le Nouvelles Hebdo afin de transmettre ses inquiétudes concernant la situation municipale.
« On vit des situations difficiles à la municipalité. Depuis quatre ans et demi, on vit un climat toxique auprès du conseil municipal. Il n’y a plus rien qui fonctionne. Les citoyens sont vraiment désespérés. On ne sait plus quoi faire. Il y a plusieurs directeurs généraux et trois conseillers qui ont démissionné depuis les dernières années. »
Dans les faits, une dizaine de directeurs généraux, que ce soit par intérim ou non, ont démissionné de leurs fonctions au cours des quatre dernières années.
Il est également à noter que la directrice générale par intérim, Viviane Larouche, est en congé de maladie depuis novembre. Le poste demeure donc vacant pour le moment.
Les conseillères s’expriment
La dernière séance du conseil municipal s’est tenue le 3 mars, en présence des quatre conseillères en poste. Environ une trentaine de citoyens s’étaient réunis à l’édifice municipal pour exprimer leurs préoccupations. La conseillère du poste 1, Carolann Rivard, a entre autres pris la parole pour expliquer la situation.
En entrevue avec Le Nouvelles Hebdo, celle qui a assumé la fonction de pro maire au cours des quatre derniers mois est revenue sur le climat de travail entre les élus. « Il y a eu un choc des générations, explique-t-elle. Moi et une autre conseillère plus jeune [Kathleen Rivard], on apportait un œil nouveau. Parfois, ça peut être confrontant pour des personnes plus âgées qui ont une manière de faire. On était quand même cinq femmes avec du caractère. »
À ses yeux, il n’a jamais été question d’intimidation.
Carolann Rivard a été prise de cours par la démission de la mairesse. « J’aurais aimé ça qu’elle continue. J’aurais aimé ça qu’on s’entende bien. Même si on a des divergences d’opinions, j’aurais aimé qu’on réussisse à faire quelque chose ensemble », exprime-t-elle.
Demandes par écrit
Une lettre a bel et bien été envoyée par les quatre conseillères à la mairesse Diane Imbeault. Dans ce document, elles formulaient par écrit plusieurs demandes, dont celle de procéder à l’embauche d’un nouveau directeur général.
« C’était quelque chose qui tardait. On avait un comité. Il n’avait rien qui se passait. On attendait le ‘’go’’ pour continuer. Il fallait faire des appels d’offres pour combler le poste », souligne Carolann Rivard, précisant que la situation était urgente, puisque le conseil disposait de 30 jours pour occuper le poste à la suite du départ de la directrice générale par intérim.
« On avait déjà sonné la cloche, lors de la première séance du 17 novembre. Celle qui occupait le poste par intérim était fatiguée. On voulait trouver un directeur général pour la décharger. Elle est finalement partie en maladie parce qu’elle était épuisée », ajoute-t-elle.
La suite
Pour la suite, l’embauche d’un directeur général fait partie des priorités pour les quatre conseillères. « On a eu des CV. On s’enligne dans les prochaines semaines à rencontrer les personnes concernées. Si tout va bien, on va engager », dit Carolann Rivard.
Les élus affirment travailler en étroite collaboration et souhaitent maintenir la volonté de transparence au sein du conseil. « On représente la population. On représente la municipalité. Je veux travailler en collaboration avec la population. Je veux aussi leur faire comprendre que je travaille aussi pour l’avenir de la municipalité », affirme Carolann Rivard.
La conseillère du poste 2, Kathleen Rivard, assumera la fonction de mairesse suppléante pour les prochains mois. Les 155 habitants de Notre-Dame-de-Lorette seront appelés aux urnes, d’ici les trois prochains mois, pour une élection partielle visant à pourvoir le poste de maire.
La prochaine séance du conseil municipal est prévue le 6 avril, où le processus sera enclenché.