Le Collectif Échec à la Guerre dénonce vivement la position du gouvernement canadien, qualifiée de « honteuse », après que celui-ci eut apporté son soutien à l’opération militaire lancée le 28 février par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Pour l’organisation, cette décision d’Ottawa s’inscrit en contradiction flagrante avec les engagements du pays au regard du droit international.
Citant la Charte des Nations Unies qui stipule que « Les Membres de l'Organisation règlent leurs différends internationaux par des moyens pacifiques » et qu'ils « s'abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l'emploi de la force », le Collectif exige que le gouvernement canadien retire immédiatement son soutien à l’opération, condamne les attaques contre l’Iran et appelle à la reprise de pourparlers sous l’égide de l’ONU afin d’obtenir la levée des sanctions et la conclusion d’un accord sur un programme nucléaire civil.
Rappelons que l’opération menée par Washington et Tel-Aviv a frappé plus de vingt villes iraniennes, éliminant notamment le guide suprême du pays Ali Khamenei et plusieurs membres de sa famille. La riposte de Téhéran a principalement visé Israël, des bases militaires américaines ainsi que des installations pétrolières situées dans plusieurs pays de la région.
« Comme toujours, la censure militaire empêche, des deux côtés, de connaître le nombre réel des victimes et l'ampleur des dommages. Mais ils sont déjà importants et cette guerre entraîne également un embrasement régional, notamment au Liban, tout aussi meurtrier et dévastateur. », dénonce le Collectif.
La légitimité de l’attaque remise en cause
Le Collectif Échec à la Guerre affirme par ailleurs que les justifications de menace « imminente » avancées par les États-Unis et Israël et leur tentative d’appeler la population iranienne à se soulever contre « la terrible répression du régime iranien » ne sont que des prétextes.
Le groupe soutient que les véritables objectifs de cette offensive sont, d’une part, la destruction des capacités militaires iraniennes et, d’autre part, la prise de contrôle des ressources pétrolières du pays, notamment pour en bloquer l’accès à la Chine.
Enfin, le Collectif souligne l’ironie de la position canadienne alors qu’il y a peu, lors d’un discours prononcé à Davos, le premier ministre Mark Carney appelait les puissances moyennes à s’unir pour résister à l'intimidation des grandes puissances.