Actualités

Temps de lecture : 2 min 10 s

Travailleurs étrangers temporaires

L’imprévisibilité pèse sur le développement des entreprises

Emmanuelle LeBlond
Le 19 février 2026 — Modifié à 09 h 39 min
Par Emmanuelle LeBlond - Journaliste

Les récentes politiques migratoires visant les travailleurs étrangers temporaires mettent les entreprises en difficulté. Le manque de prévisibilité en matière de main-d’œuvre freine leur développement, comme en témoigne la situation de Bilodeau Canada à Normandin.

Bilodeau Canada, qui emploie 75 personnes, s’appuie sur une équipe d’environ 16 travailleurs étrangers temporaires. Les nouvelles exigences gouvernementales entraîneront toutefois la perte d’une dizaine d’entre eux au cours de la prochaine année, le ratio autorisé ne permettant d’en garder qu’environ six.

Parmi eux figurent des employés issus de plusieurs départements : couturières, tailleurs, manœuvres, spécialistes de l’apprêtage des peaux et même du personnel en marketing.

La perte de ces travailleurs n’est pas sans impact pour Bilodeau Canada, qui se retrouve freinée dans l’exécution de ses contrats actuels.

« Je suis en train de développer depuis plus d’un an une mitaine pour l’Armée canadienne. Si je perds tous ces travailleurs, un coup que je vais être prêt à passer ma mitaine en production, je n’aurai plus les travailleurs nécessaires pour le faire », indique le président directeur général, Samuel Bilodeau.

Le développement de l’entreprise se heurte à un obstacle majeur : l’imprévisibilité de la main‑d’œuvre. Même avec des investissements en modernisation, l’entreprise ne peut avancer sans les employés nécessaires pour faire tourner ses machines. Cette situation ralentit la création de nouveaux produits.

Et pourtant, la demande est là. « Juste pour mon centre d’apprêtage de fourrure à Normandin, je pourrais quintupler mon volume de travail si j’avais de la main-d’œuvre. Je ne fais pas de publicité et on est déjà plein, mais je ne suis pas capable d’avoir du monde. »

D’autre part, Bilodeau Canada regrette de voir partir ces employés, après avoir consacré de l’énergie à leur formation et à leur intégration. « On a mis du temps. On a mis de l’argent. On les a formés. Ils ont appris. Ils se sont intégrés. Ils ont des amis. Ils ont des activités. Ils apprennent tranquillement le français. Ils sont ici pour travailler », dit l’entrepreneur.

Coup dur pour la région

L’entreprise normandinoise n’est pas la seule à subir les effets de cette situation. La Chambre de commerce du secteur Normandin et GÉANT rapporte avoir été interpellée par quelques entrepreneurs confrontés aux mêmes difficultés.

« Ça cause beaucoup de stress de part et d’autre », constate la directrice générale, Christine Jobin. Selon ses observations, les secteurs du service à la clientèle et de l’industrie sont particulièrement touchés.

Au cours des dernières années, la Chambre de commerce a multiplié les efforts pour contrer la pénurie de main‑d’œuvre dans le secteur. « On veut recruter à l’extérieur pour combler des postes et soutenir la lutte contre la dévitalisation qui touche le Saguenay–Lac‑Saint‑Jean. On travaille énormément dans ce sens‑là. »

Or, les récents changements aux politiques migratoires viennent perturber cet élan. « Ça va à l’encontre du travail qu’on fait dans nos municipalités, nos villes et nos MRC pour attirer des gens ici. On les accueille, et quelques années plus tard, c’est fini. »

En ce sens, Christine Jobin souhaite que les différents paliers de gouvernement aient une pensée pour les entrepreneurs d’ici, en étant connecté aux réalités vécues en région.

 

À lire également:

Un quotidien marqué par l’incertitude

Les élus se mobilisent

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié à 12h01

Le Festival de la chanson de Saint-Ambroise lance les activités de sa 35e édition

Le Festival de la chanson de Saint-Ambroise dévoile sa nouvelle image de marque et lance officiellement les activités de sa 35e édition, qui se tiendra du 1er au 8 août 2026. La billetterie est maintenant accessible au public pour les différentes soirées, tout comme la période d’inscription pour son volet concours. Les chanteurs et chanteuses ...

Publié à 12h00

Un nouveau marché d’artisans pour animer le printemps

Une mère, une fille, une entreprise. Audrey Lavoie Blouin et Emmanuelle Lavoie Bouchard ont récemment fondé Créations Emmanuelle, où elles conçoivent des pièces uniques. Pour souligner la fête de Pâques, elles ont choisi d’organiser un marché afin d’offrir une vitrine aux artisans d’ici et de mettre en valeur le talent local. L’artisanat occupe ...

Publié à 11h00

La Société canadienne du cancer lance un cri du cœur

La Société canadienne du cancer (SCC) appelle les provinces et territoires à abaisser à 45 ans l'âge d'admissibilité aux programmes organisés de dépistage du cancer colorectal pour les personnes exposées à un risque moyen, au lieu de l'âge actuel de 50 ans. La Société presse aussi le gouvernement du Québec à déployer un programme de dépistage du ...

Abonnez-vous à nos infolettres

CONSULTEZ NOS ARCHIVES