Économie

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Stratégie économique

Benoît Dubreuil pousse Québec à mieux intégrer les enjeux linguistiques

Le 05 mars 2026 — Modifié à 17 h 00 min
Par Émile Boudreau - Journaliste

Le commissaire à la langue française, Benoît Dubreuil, a rendu publique aujourd’hui une nouvelle étude analysant les impacts potentiels sur la situation linguistique des nouvelles orientations économiques adoptées par le gouvernement du Québec en novembre 2025.

L’étude révèle que le français se porte bien dans plusieurs secteurs économiques, notamment la construction, la production d’électricité et la fabrication, en particulier à l’extérieur de Montréal. La croissance de ces industries, indique le rapport, pourrait même contribuer à améliorer la situation linguistique de la langue nationale, pourvu que les entreprises puissent recruter des travailleurs maîtrisant le français et désireux de l’utiliser au quotidien.

À l’inverse, l’étude constate que la situation est plus précaire dans la région métropolitaine de Montréal, surtout dans des domaines comme l’aérospatiale, l’informatique ou la recherche scientifique. Dans ces secteurs, le commissaire recommande au gouvernement de mesurer soigneusement les conséquences linguistiques de toute intervention économique, afin de ne pas accentuer le recul du français comme langue de travail.

« Dans son ensemble, la vision économique du gouvernement du Québec présente des possibilités intéressantes pour le français. Cependant, elle soulève également des risques. Pour cette raison, le gouvernement doit faire preuve d'une grande prudence dans le type d'emplois qu'il soutient. Il doit aussi planifier adéquatement le recrutement de la main-d'œuvre et son intégration linguistique pour ne pas compromettre davantage la situation du français. », a déclaré le commissaire Dubreuil.

Une francisation en progrès, mais insuffisante

Le rapport met également en lumière les effets positifs du processus de francisation en entreprise, qui a permis des avancées importantes au fil des ans. Toutefois, ces progrès n’ont pas suffi à faire du français « la langue normale et habituelle du travail » dans l’ensemble de l’économie québécoise.

Le commissaire note par ailleurs qu’au cours des vingt dernières années, le statut du français s’est fragilisé dans les secteurs très intégrés aux marchés canadien et international, ainsi que dans ceux où se concentre une maind’œuvre dont l’anglais est la langue dominante.

« De nos jours, de plus en plus de Québécoises et de Québécois sont bilingues. Comme ils tendent à adopter l'anglais pour accommoder une personne qui ne parle pas français, il suffit que quelques personnes non francophones arrivent dans un milieu de travail pour faire basculer la langue de travail. », explique Éric Poirier, commissaire adjoint à la langue française.

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