Chroniques

Temps de lecture : 2 min 20 s

Bonne année les X !

Le 04 janvier 2024 — Modifié à 15 h 46 min
Par Roger Lemay

Chers membres de la génération X,

 En ces premières heures de 2024, je tiens à vous souhaiter une année remplie de bonheur, de santé et de prospérité. Sans jouer au plaignard, disons qu’on l’a pas toujours eu facile et que notre génération a connu son lot de difficultés et de défis, ne trouvez-vous pas ?

Vous savez comment les démographes nous appellent ? La génération de l’enfant du milieu, ou la génération sandwich. Coincés entre les babyboomers et les milléniaux, on nous considère avoir été « tassés et négligés par les gouvernements, les médias et le marketing de masse ». Le New York Times a même décrit la génération X comme « un enfant du milieu oublié, morose et maladroit ». Faut quand même pas exagérer…

Moi je considère plutôt qu’on a su formidablement s’adapter aux changements technologiques les plus rapides de l’histoire. On a grandi avec un téléphone fixe à cadran rotatif, nos journaux étaient livrés à la porte, le laitier passait encore par les maisons. On achetait des cassettes chez Radio Shack, qu’on insérerait dans nos enregistreuses, pour « taper » les chansons qui passaient à la radio. C’était ça notre Spotify.

Notre jeunesse a été marquée par des moments importants ; nous avons grandi dans une certaine crainte d’un troisième conflit mondial pendant la guerre froide pour finalement être témoins de la chute du mur de Berlin et l’effondrement du bloc soviétique. Nos parents ne savaient plus quoi faire pour nous faire rentrer à la maison, de nos jours ils se battent pour convaincre leurs enfants d’aller jouer dehors. La Coupe Stanley avait pratiquement élu domicile à Montréal, il en coûtait 10 dollars pour aller voir jouer les Expos.

Pour rencontrer des filles (ou des garçons) et « cruiser », il fallait se donner rendez-vous et avoir le courage de se dire les vraies affaires face-à-face. Il nous fallait vaincre notre timidité. Aujourd’hui, on le fait par textos. Bien caché derrière l’écran c’est plus facile, plus pratique, quoiqu’un brin désincarné. Mais c’est une autre histoire.

Et vous souvenez-vous de ce qui est arrivé au moment où nous étions en âge d’intégrer le marché du travail ? Boom ! Une récession. Et vlan dans les dents… Même avec des diplômes universitaires, impossible de se trouver un boulot. Les bons emplois étaient rares. C’était l’inverse de la pénurie de main-d’œuvre actuelle. Nous étions prêts à nous mettre à genoux devant un employeur. Nous n’avions aucun rapport de force, on prenait ce qui passait. Faut le dire, cela a créé chez nous un certain cynisme et un détachement.

Rock et Belles Oreilles portait nos valeurs, personnifiant notre anticonformisme. Enfin quelqu’un disait tout haut ce qu’on pensait. Nos angoisses, nos questionnements fondamentaux, étaient très bien décrits dans Breakfast Club et St Elmo’s Fire. Mais Tom Cruise nous a donné l’envie de piloter des jets, et Luke Skywalker, de s’envoler vers les étoiles.

Les années ont passé, et nous sommes devenus une génération indépendante, adaptable et responsable, ayant un sens aigu des responsabilités et un goût prononcé pour l’entrepreneuriat. Nous avons développé quelque chose qui n’existe plus, une loyauté envers l’entreprise qui nous a donné notre chance.

Chers X, je vous souhaite donc une année remplie de succès dans tous vos projets personnels et professionnels. Vous ne l’avez pas volé. Certains sont à l’aube de la retraite, d’autres la débutent. Que cette nouvelle vie vous/nous comble. Allez, bonne année!

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