Chroniques

Temps de lecture : 1 min 29 s

À bas les grosses Californiennes

Gabrielle Picard
Le 17 juillet 2023 — Modifié à 11 h 08 min
Par Gabrielle Picard - Stratège multimédias et vidéaste

Je tapote les touches de mon clavier pour écrire cette chronique, les doigts rougis de fraises. De fraises du Québec, plus précisément de Chambord. J’en équeute une cinquantaine par jour ces temps-ci pour m’en délecter comme les petits bonbons délicieux qu’ils sont, rouge vif et sucrés à souhait.

Rien à voir avec les géantes blêmes de Californie, à saveur d’arrière-goût, qui sont une insulte au bon sens par leur simple présence en épicerie. Leur vue m’offense, presqu’autant que celle des bleuets chiliens, ces gros mollassons fades qui deviennent moussus l’espace d’un clignement d’œil.

Sont fatigués les pauvres, z’ont traversé 11 000 kilomètres. En avion. En camion. Pendant des jours. Pour aboutir sur les tablettes, juste à côté des bleuets, les nôtres, qui poussent dans le champ juste à côté. Ça défie toute logique.

Comme je les déteste, ces fruits et légumes qui traversent la planète pour trouver place à coté de ceux issus de notre territoire. Et comme je nous en veux de supporter les producteurs américains ou chinois, plutôt que les nôtres.

J’ai honte de notre indifférence, et qu’on m’assomme à grands coups de concombres des serres Toundra si on me prend à acheter des tomates mexicaines.

L’argument de fraicheur ne tient évidemment pas la route, donc pourquoi ? Pourquoi poser le geste de choisir sciemment un aliment du bout du monde quand on a le même à portée de main ?

Nos grands-parents recevaient des oranges à Noel. Et si c’était ça, la vie ? Respecter les saisons, profiter de ce que la planète nous offre quand elle est prête à nous l’offrir, sans la presser comme un citron à vouloir la faire produire, produire, produire toujours plus. Et pourquoi ? Pour se payer le luxe égoïste de manger des clémentines sur 12 mois ?

Arrêtons d’envoyer le message aux grandes chaînes qu’on souhaite être approvisionnés en yucca à l’année. Ouate de phoque, qui mange ça de toute façon?

Respectons-nous ! Respectons notre milieu. Les asperges en juin, les framboises en juillet, le blé d’Indes en août.

Et essayer de ne pas trop se comporter en légume le reste de l’année. Battons-nous pour nos petits fruits ! Réhabilitons la cuisine de saison.

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