L’organisme Ma place au travail a publié un livre blanc sur l’avenir du réseau des services de garde éducatifs à l’enfance au Québec. Le document met en lumière les conséquences économiques pour les familles et plaide pour refaire du réseau un « véritable projet de société ».
Fruit d’une consultation citoyenne menée en collaboration avec l’Institut du Nouveau Monde, le rapport constate que, malgré les efforts déployés au cours des dernières années, l’accès à des places subventionnées demeure insuffisant. Au Québec, plus de 30 000 enfants sont toujours en attente d’une place dans un service de garde subventionné.
La situation est particulièrement révélatrice au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Au 31 mai 2025, 1008 enfants étaient toujours en attente d’une place, un chiffre à peine inférieur aux 1074 recensés en octobre 2022. Pourtant, 927 places subventionnées ont été créées dans la région depuis décembre 2022. Pour Ma place au travail, ces ajouts, bien que significatifs, ne suffisent pas à combler l’écart entre l’offre et la demande.
L’organisme met également en lumière un autre enjeu préoccupant : la pénurie d’éducatrices qualifiées. Leur proportion a chuté de 86 % en 2022 à 63 % en 2025 dans la région.
Plusieurs solutions proposées
Au-delà des chiffres, le document insiste sur les conséquences concrètes pour les familles. Faute de place, certains parents doivent retarder leur retour au travail. Les mères, en particulier, voient leur parcours professionnel ralenti, subissant une pénalité économique persistante. À cela s’ajoute une charge mentale accrue pour les familles, qui doivent multiplier les solutions temporaires pour concilier travail et vie familiale.
Pour répondre à ces enjeux, Ma place au travail a formulé plusieurs recommandations aux décideurs publics. Parmi celles-ci : améliorer la diffusion de l’information sur le réseau de garde, simplifier les processus d’inscription et de recherche de places, et assurer une meilleure transition entre les prestations du Régime québécois d’assurance parentale et l’accès aux services de garde.
L’organisme propose également une transformation plus profonde du système, notamment en garantissant un réseau universel, accessible et de qualité, adapté à la diversité des réalités familiales. Il préconise aussi le développement d’un réseau entièrement subventionné reposant en priorité sur les centres de la petite enfance (CPE), ainsi que la mise en place de solutions innovantes pour les travailleurs aux milieux de travail et aux horaires atypiques.
Enfin, le livre blanc appelle à reconnaître pleinement les services de garde comme un pilier du parcours éducatif des enfants