Les municipalités québécoises font face à un déséquilibre grandissant entre leurs responsabilités et les ressources financières dont elles disposent pour y répondre selon une nouvelle étude commandée par l’Union des municipalités du Québec (UMQ).
Selon l’étude, les pressions liées aux infrastructures et aux responsabilités confiées aux villes et aux municipalités ne sont plus soutenables, et ce, malgré une gestion responsable des dépenses.
Déjà, les municipalités assument à elles seules près des deux tiers du financement des infrastructures publiques au Québec. Pourtant, si rien ne change, l’étude prédit qu’il manquera au minimum 9 milliards de dollars d’ici 2035 pour répondre aux besoins. Ce déficit pourrait même atteindre plusieurs dizaines de milliards de dollars. Ainsi, l’étude recommande soit une révision à la baisse des responsabilités municipales, soit une augmentation de leurs sources de revenus afin de rétablir l’équilibre.
Selon l’UMQ, l’impact de ce déséquilibre se fait déjà sentir dans la vie quotidienne des citoyens. La dégradation du réseau routier entraîne une multiplication des nids-de-poule, les bris d’aqueduc sont plus fréquents et plusieurs services municipaux accusent des délais croissants.
L’UMQ souligne également que les infrastructures vieillissent plus vite que la capacité des municipalités à les réparer, dans un contexte où les coûts de construction augmentent et que de nouvelles responsabilités sont désormais assumées par les municipalités, notamment en matière d’itinérance, d’habitation et d’adaptation aux changements climatiques.
« Quand une municipalité doit choisir entre réparer une conduite d'eau ou maintenir un service essentiel, c'est qu'on a un problème de modèle. Nous sommes devenues la première ligne pour l'itinérance et les changements climatiques, en plus de devoir gérer un parc d'infrastructures vieillissantes avec des coûts de construction qui explosent. On ne peut plus faire plus avec moins. », a affirmé Guillaume Tremblay, président de l'UMQ et maire de Mascouche.
L’UMQ présentera d’ailleurs les recommandations issues de son chantier sur les finances et la fiscalité municipales, coprésidés par Monique Jérôme-Forget, ancienne ministre des Finances et de présidente du Conseil du Trésor sous Jean Charest, et Nicolas Marceau, ministre des Finances et de l'Économie du Québec du gouvernement de Pauline Marois, lors des Assises annuelles de l’Union du 13 au 15 mai prochain.