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Mobilisation communautaire à Dolbeau : des organismes prennent la parole

Le 24 mars 2026 — Modifié à 14 h 51 min le 25 mars 2026
Par Emmanuelle LeBlond - Journaliste

Plus d’une dizaine d’organismes de la MRC de Maria-Chapdelaine ont démontré leur soutien au mouvement Communautaire à boutte, en participant à une activité de micro ouvert, mardi.

« C’est une vaste campagne provinciale liée au milieu communautaire. Le secteur se mobilise à travers différentes actions pour porter ses revendications, notamment en ce qui concerne le financement et les conditions de travail, qui sont parfois précaires. Il s’agit aussi de rappeler l’importance de reconnaître pleinement le rôle du milieu communautaire dans les services offerts à la population », a expliqué Annick Duchesne, directrice générale adjointe chez Toxic Actions.

L’unité mobile de Toxic Actions était sur place, où l’on pouvait lire différents témoignages laissés par des utilisateurs des services de l’organisme. Ils devaient répondre à la question suivante : Si Toxic Actions fermait ses portes demain matin, quel serait l’impact ? On retrouvait notamment les mots « solitude », « tristesse » et « stress ».

« Sans eux, je perdrais huit bénévoles dans ma salle de conditionnement et sans eux, les organismes manqueraient de fruits et de légumes. On a besoin d’eux », a écrit Martine B.

Le financement suffisant à la mission fait partie des revendications de Toxic Actions, comme le mentionne Annick Duchesnes. « On est un organisme qui a beaucoup de financement par projets. Il faut toujours se battre pour aller en chercher. C’est du financement qui est précaire et qui a une fin. Ça crée de l’instabilité pour les emplois des intervenants et entraîne des coupures de services dans la communauté. On revendique notamment le financement à la mission de notre organisation. »

Dès 11 h 30, des représentants d’organismes et des membres de la communauté ont pris la parole dans le stationnement de la bibliothèque du secteur Dolbeau afin d’exprimer leur réalité.

Conséquences du sous-financement

Josée Dion, du Centre de santé mentale l’Arrimage, s’est entre autres exprimée au micro : « Depuis des années, notre organisme porte à bout de bras des services essentiels pour notre communauté. Aujourd’hui, les conséquences du sous financement chronique ne sont plus abstraites. Elles sont concrètes, douloureuses et mettent en péril notre mission même. »

Arrêt complet du volet jeunesse, relais promotion‑prévention inactif, aucun rehaussement du financement à la mission depuis six ans, manque criant de ressources humaines pour répondre aux besoins : voici quelques exemples des impacts qu’entraîne le sous‑financement de l’organisme.

« Ce n’est pas un simple ralentissement. C’est un effritement », a-t-elle soufflé.

Josée Dion a tenu à prendre la parole pour rappeler l’importance de soutenir les générations futures. Elle souhaite que le milieu communautaire demeure à la fois un choix de cœur et une véritable option de carrière, sans que les jeunes aient à sacrifier leur stabilité, leur santé ou leur avenir. Elle a également souligné que les organismes doivent cesser d’être perçus comme des solutions temporaires, puisqu’ils constituent un pilier essentiel et durable de la communauté.

Des besoins criants

Pour sa part, Marianne Richard, intervenante externe à la Maison Halte Secours, a rappelé l’importance de cet organisme qui vient en aide aux femmes et aux enfants victimes de violence conjugale.

« Une maison d’hébergement, c’est plus qu’un toit, c’est un droit d’être à l’abri contre la violence. C’est une expertise féministe qu’on développe tous les jours. C’est une présence 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Aujourd’hui, les murs de nos maisons craquent sous le poids d’un système qui exige toujours plus tout en nous sous-finançant chroniquement », a-t-elle dit, en précisant que la Maison Halte Secours a dû refuser 56 femmes et 5 enfants.

Parmi les revendications portées par l’organisme figurent un financement global et récurrent, la reconnaissance de la mission spécifique des maisons d’hébergement ainsi que des conditions de travail dignes pour freiner le départ des travailleuses

D’autres organismes comme le Centre Plein Vie, la Maison de la famille Parensemble, le CALACS Entre Elles ont aussi pris la parole.

Le Centre de femmes du pays de Maria-Chapdelaine, la Maison des jeunes le Jouvenceau, les Grands Frères Grandes Soeurs Lac St-Jean Nord, l'Association des familles monoparentales et recomposées des Grandes-Rivières et la Maison du cheminement font aussi partie de la cellule locale Maria-Chapdelaine du mouvement Communautaire à boutte.

L’activité de micro ouvert se poursuivait en après-midi, dans le stationnement de la biliothèque du secteur Mistassini.

Rappelons que plus d’une centaine d’organismes qui font partie du mouvement Communautaire à boutte sont en grève jusqu’au 2 avril au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

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