Le Parti Québécois (PQ) a dévoilé une série de mesures visant à réduire les coûts de construction au Québec, une offensive qu’il promet de mener s’il forme le prochain gouvernement à la suite de l’élection générale du 5 octobre prochain.
Le chef du parti, Paul St‑Pierre Plamondon, soutient que les coûts actuels sont « anormalement élevés » et compromettent la capacité de l’État à répondre adéquatement aux besoins de la population en matière d’infrastructures.
« Dans le PQI déposé mercredi par le gouvernement, on trouve huit écoles secondaires en réalisation, en ce moment, dont le coût est supérieur à 175 M$. », s’est étonné le chef souverainiste, se disant convaincu que les prix sont gonflés au Québec.
Celui-ci donne comme exemple pour appuyer ses dires le cas de l’Ontario où les projets d’écoles secondaires avec des capacités de 1500 élèves s’élèveraient à seulement 75 M$.
« Certains projets sont parfois trois ou quatre fois plus chers au Québec. Les Québécois n’en ont pas pour leur argent et ça pose une menace directe à l’état de nos finances publiques. », poursuit Paul St-Pierre Plamondon, qui dénonce que, faute d’argent, le Québec se retrouve avec une file d’attente interminable de projets au PQI, qu’il décrit comme un « stationnement où sont abandonnés plusieurs projets nécessaires ».
Une série de solutions proposées
Pour corriger la situation, le PQ souhaite d’abord stimuler la concurrence dans le secteur de la construction. Il propose de confier à la Société québécoise des infrastructures le mandat de structurer les appels d’offres publics de façon à élargir le bassin de soumissionnaires et à favoriser la participation des petites et moyennes entreprises.
Le PQ s’engage également à alléger le cadre réglementaire entourant les plans et devis afin de permettre aux entrepreneurs de proposer des solutions alternatives et des modifications aux projets. Cette plus grande liberté, selon le parti, favoriserait l’innovation, la durabilité et la réduction des coûts. Le parti souhaite aussi permettre le dépôt de contre‑offres répondant aux mêmes besoins.
Par ailleurs, le PQ promet d’impliquer davantage les entrepreneurs dès la conception des projets d’infrastructures et d’alléger le fardeau réglementaire des développeurs, notamment par l’harmonisation du Code du bâtiment à l’échelle du Québec. Cette mesure viserait à faciliter la reproductibilité des projets publics et privés.
Le parti promet aussi d’étendre les exemptions de remises aux normes au bâti ancien afin que le Québec cesse de se priver de bâtiments vacants, comme des couvents, en raison de la nécessité de s’adapter à des normes « excessives ».
Enfin, le PQ propose de simplifier, voire d’éliminer, certaines étapes administratives jugées redondantes, imposées par plusieurs paliers gouvernementaux. La mise en place de formulaires préremplis pour les demandes d’autorisations et d’attestations fait également partie des engagements avancés par le PQ.