Manque de constructions neuves, logements trop coûteux, offre insuffisante : la crise du logement qui frappe Dolbeau‑Mistassini résulte de multiples facteurs, comme le souligne l’Office municipal d’habitation (OMH) Maria‑Chapdelaine.
Selon les plus récentes données publiées par la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), la situation continue de se dégrader sur le territoire. À Dolbeau-Mistassini, le taux d’inoccupation est passé de 1,1 % à 0,5 % en l’espace d’un an, ce qui signifie qu’il reste très peu de logements disponibles. Parallèlement, le prix moyen d’un loyer a grimpé à 650 $ en 2026, comparativement à 589 $ en 2025.
« Il y a plusieurs raisons qui font que les gens ne sont pas capables de se loger », affirme le directeur de l’OMH, Martin Voisine.
Il note notamment que très peu de constructions neuves sortent de terre. « Le coût des matériaux et le coût de construction sont beaucoup plus élevés qu’avant. Ça fait en sorte que les entrepreneurs sont frileux à construire de nouvelles maisons. Les gens sont aussi frileux à changer de maison ou de partir d’un logement, qu’ils considèrent assez abordable, pour construire une maison. Ils vont devoir avoir une hypothèque qui va coûter plus cher. »
Les options abordables sont limitées sur le marché. « Il s’est construit plusieurs logements sur la rue des Franciscaines. Ça coûte entre 1200 et 1300 $ par mois pour deux chambres à coucher. C’est neuf, mais c’est dispendieux. Ce n’est pas chauffé ni éclairé. »
Faute d’option à leur portée, des ménages doivent accepter des loyers qui dépassent leurs moyens. « Il y a des gens qui paient beaucoup trop cher pour le revenu qu’ils ont, observe Martin Voisine. Ils ne se nourrissent pas adéquatement. Il y a d’autres postes budgétaires qui écopent à ce moment-là. Quand on passe 40 à 50 % de son revenu à payer le loyer, il reste moins de sous pour le reste. »
Face à la détresse de certains usagers, l’OMH a choisi d’intervenir au-delà de son mandat habituel. « On a été proactif dans ce sens-là, affirme le directeur général. On a créé un partenariat avec Moisson Saguenay-Lac-St-Jean. Une fois par mois, on invite l’ensemble de nos locataires à aller chercher des denrées gratuitement. »
Liste d’attente
L’OMH compte actuellement une liste d’attente de 20 à 30 personnes pour un logement à loyer modique à Dolbeau‑Mistassini, fait savoir Martin Voisine.
La plupart ont déjà un toit, mais celui-ci n’est pas adapté à leurs besoins. « Ces gens cherchent à quitter un endroit où ils sont présentement. Par exemple, quelqu’un qui n’a pas un gros salaire, qui habite dans un logement un petit peu plus dispendieux, il a avantage à habiter chez nous. Il paierait 25 % de ses revenus », explique-t-il.
Alors que ces personnes peuvent attendre des mois, voire des années, avant qu’une place se libère, la réalité est tout autre dans les municipalités voisines.
« Dans les petites municipalités, où il y a moins de services, il y a des disponibilités immédiatement pour de beaux logements à 25 % du revenu. On a ça à Normandin, Girardville, Saint-Edmond-les-Plaines et Saint-Thomas-Didyme. Ce sont autant des logements pour les familles que les personnes âgées. »
Quoi qu’il en soit, la construction de logements abordables demeure, selon Martin Voisine, la priorité de l’organisme. Un projet est d’ailleurs sur la table avec la Ville de Dolbeau-Mistassini et l’Office municipal d'habitation de Saguenay, qui agit comme chargé de projet.