La cinéaste Mélanie Saint‑Germain signe un retour au documentaire avec Au cœur du remous, où elle plonge dans l’intimité de Daniel Vincent et de sa fille Erika pour aborder les dépendances et leurs répercussions. Une histoire profondément humaine, touchante et porteuse de réflexion.
Beaucoup de travail se cache derrière la réalisation d’un tel projet. Tout est né d’une rencontre, d’une discussion. Au cœur du remous prend racine dans l’histoire d’Erika, qui s’est confiée à Mélanie Saint‑Germain et lui a offert son récit « en cadeau ».
« Premièrement, ça m’a interpellée comme amie. Deuxièmement, ça m’a interpellée comme artiste, comme cinéaste. Je me disais que c’était un propos important. Il faut parler de ça. Il faut donner une voix à cette histoire‑là, qui va résonner chez l’autre. J’étais convaincue que cette histoire devait voir le jour », raconte la Dolmissoise.
Dans tous ses projets, Mélanie Saint-Germain s’intéresse aux enjeux humains. Ses films représentent une façon de « trouver un langage pour être capable de dire ce qui ne veut pas nécessairement être entendu dans la vie ».
Au cœur du remous braque les projecteurs sur les dépendances, notamment celle à l’alcool, sous différentes facettes. « C’est un sujet dont on ne parle pas dans la vie. C’est très tabou de parler de dépendances. Ici, on sort des clichés du père alcoolique violent. Au contraire, on est dans une histoire remplie d’amour et de bienveillance de l’un envers l’autre. »
Dans le cadre de ce projet, il était essentiel pour la réalisatrice d’adopter une posture neutre. « Pour moi, c’était important d’être dans la neutralité dans cette histoire parce que c’est dur de parler de dépendances. C’est dur aussi de parler des impacts. Des deux côtés, ça fait mal. Quand ça fait mal, on est tenté de fuir. Dans cette histoire, au contraire, il y a un vouloir », exprime-t-elle.
Mélanie Saint‑Germain et Erika se sont lancées concrètement dans le projet avec l’accord de Daniel, amorçant ensemble l’écriture du scénario, un travail qui s’est échelonné de janvier à avril 2024.
Leur complémentarité a nourri le processus. « Ce qui était beau, c’est que c’était une collaboration. J’avais un œil de cinéaste et elle avait un œil à l’interne », dit Mélanie Saint-Germain.
Une fois le scénario en main, il était temps de capter les images. « Ce qui a été fou, c’est cette permission d’entrer dans leur intimité. Je ne suis pas arrivée avec une équipe de tournage. C’était moi avec ma grosse caméra, mon micro accroché dessus, mon moniteur et mes petits bras qui traînaient tout ça. »
Dans le documentaire, le spectateur navigue entre des moments du quotidien et des échanges entre le père et la fille. Mélanie Saint-Germain y intègre aussi des séquences d’animation qui donnent accès aux pensées introspectives d’Erika.
Au cœur du remous, signé en distribution par La bande Sonimage, sera diffusé pour la première fois au Festival Regard, dans le cadre du programme 100 % Régions, le 20 mars à 21 h, à la salle François-Brassard de Jonquière.
Il s’agit d’un grand moment pour Mélanie Saint-Germain. « Je suis vraiment fière de ça, dit-elle avec enthousiasme. Je voulais vraiment que la première mondiale soit à Regard. C’est chez nous. C’est mon festival préféré au monde. »
Une nouvelle étape s’annoncera ensuite pour le documentaire alors qu’il prendra la route des festivals.