L’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) lance un avertissement sévère dans un nouveau rapport publié aujourd’hui intitulé Agir maintenant pour éviter la f(r)acture de demain.
Selon l’organisme, les infrastructures publiques de la province (écoles, hôpitaux, routes, etc.) se dégradent désormais plus rapidement qu’elles ne sont entretenues, mettant à risque la qualité des services offerts à la population.
L’OIQ estime que cette « crise des infrastructures » touche l’ensemble des régions du Québec, y compris le Saguenay–Lac‑Saint‑Jean, et qu’elle représente une menace réelle pour la sécurité du public.
Parmi les situations jugées critiques dans la région, l’Ordre cite l’usine d’eau potable Hamel à Dolbeau‑Mistassini. Construite au début des années 1970, l’installation serait désormais en fin de vie et ne répondrait plus aux normes en vigueur. L’OIQ craint que sa fermeture éventuelle prive de services quelque 8 000 résidents qui en dépendent quotidiennement.
Un rapport fondé sur une vaste démarche de consultations
Fruit d’un travail de plus d’un an, impliquant municipalités, ministères, experts en infrastructures et représentants de l’industrie, le rapport propose une série de recommandations destinées à transformer profondément la manière dont le Québec gère et entretient ses actifs publics.
L’une des priorités soulignées par l’OIQ est la nécessité d’abandonner ce qu’il appelle le « syndrome du ruban », soit la tendance à privilégier des projets de construction neufs et visibles politiquement au détriment de l’entretien des installations existantes. Cette culture du court terme, selon l’Ordre, contribue à l’aggravation de la détérioration des infrastructures.
« Nos infrastructures publiques sont menacées par des décennies de sous-entretien et par l’impact des changements climatiques. Les conséquences pour les citoyens et citoyennes sont réelles et de plus en plus fréquentes. Pour résorber cette crise, il faudra avoir le courage de revoir nos façons de faire des choix. Nous espérons que ce rapport sera le point de départ d’un changement culture. », a déclaré Sophie Larivière-Mantha, présidente de l’OIQ.
Dans les dernières semaines, l’Ordre rapportait qu’un ingénieur sur trois avait déjà vu l’entretien technique sacrifié au profit de projets plus « visibles », un phénomène qui augmente à plus d’un ingénieur sur deux (55 %) dans le secteur public.