Actualités

Temps de lecture : 2 min 25 s

Peterborough 1950

Un projet de restauration digne d’un musée

Charles-Antoine Desmeules
Le 29 août 2025 — Modifié à 08 h 30 min le 29 août 2025
Par Charles-Antoine Desmeules - Journaliste

Dolmissois d’origine, Maxime Leblanc navigue sur les eaux du Saguenay–Lac-Saint-Jean à bord du bateau qu’il a entièrement restauré de ses propres mains, le Clio. Un Peterborough 1950, modèle Admiral, et ancienne propriété de feu de George-Henri Villeneuve, prêtre originaire de Roberval.

L’embarcation, qui affiche maintenant 75 ans à son compteur, a été entreposée durant deux décennies avant de voir son ancre levée à nouveau.

Guy O. Bonneau, qui était autrefois professeur à la Cité étudiante de Roberval, est le beau-père de Maxime Leblanc et entretenait de bonnes relations avec la famille Villeneuve. Il s’enquit du Clio peu de temps avant le décès de l’abbé et, durant deux ans, il effectua quelques retouches sur le bateau avant de se tourner vers d’autres projets.

Ce n’est qu’à l’initiative de Maxime Leblanc que le Clio a enfin pu être réutilisé dans toute sa gloire d’antan. C’était pour M. Leblanc un projet important à réaliser afin que chaque membre de la famille puisse toujours en profiter.

« Je trouvais presque ça injuste que ma belle-mère se soit accrochée à ce bateau-là pendant 20 ans dans le garage sans avoir eu la chance de s’asseoir dedans », ajoute-t-il en riant.

Maxime Leblanc a débuté la restauration en novembre 2023 et affirme avoir réalisé près de 700 heures de travail sur le projet. « Au début je me suis dit : ‘’Ça ne sera pas si pire, il y a quelques morceaux à changer et on va repartir avec ça.’’ Finalement, c’était beaucoup plus que ce que je pensais. […] Je n’avais même jamais sablé une table de chevet et je me suis embarqué là-dedans! »

Pour Maxime Leblanc, remettre le bateau en état a nécessité l’apprentissage de plusieurs procédés afin de le conserver l’embarcation dans son état d’origine le plus fidèlement possible. Il a notamment remplacé les 2 500 clous du bateau un à un. La structure du bateau est quant à elle faite de chêne blanc, de cèdre et de frêne.

« La première fois que je l’ai mis à l’eau, c’était en mai 2024. On est allés faire une balade avec mon beau-père et il était très ému. »

Fait pour naviguer

Depuis, le Clio sort fréquemment sur les eaux et continue de faire tourner des têtes avec son style incomparable. Lors de ses sorties, plusieurs personnes estiment que le bateau aurait l’étoffe d’être présenté dans un musée. Cependant, Maxime Leblanc est d’un autre avis.

« C’est un bateau qui vient du lac, dit-il, pourquoi prendre ça et le mettre dans un musée? Ici, il a de la valeur quand il navigue. Quand on se promène, les gens se posent mille et une questions, et moi, je peux leur raconter toute l’histoire par la suite. On ne peut pas écrire l’histoire sur le bateau, mais le monde sait qu’il en a une en le regardant. »

Des sorties inusitées

Certaines histoires racontées mettent en scène l’abbé Villeneuve sur les eaux du lac Saint-Jean, où plusieurs escapades auraient été réalisées à l’époque afin de sortir avec certaines bonnes sœurs qui habitaient autrefois le couvent des Ursulines à Roberval.

« Des rumeurs veulent que le curé emmenait les sœurs en balade le dimanche. Est-ce que c’était avant la messe ou après? je ne peux pas te dire, mais il les emmenait en promenade sur l’eau et jusqu’à l’île. »

Le nom du bateau, Clio, aurait également été attribué par Georges-Henri Villeneuve et représenterait la déesse de l’Histoire, fille de Zeus et de Mnémosyne. Elle chante le passé des hommes et des cités en glorifiant leurs hauts faits.

Abonnez-vous à nos infolettres

CONSULTEZ NOS ARCHIVES