Le ministre du Travail, Jean Boulet, a annoncé hier une nouvelle hausse du salaire minimum au Québec. À compter du 1ᵉʳ mai 2026, le taux horaire minimum augmentera de 0,50 $ pour atteindre 16,60 $. Cette augmentation de 3,11 % touchera 258 900 travailleuses et travailleurs, selon les estimations du gouvernement.
Québec affirme que les personnes rémunérées au salaire minimum verront ainsi leur revenu disponible croître jusqu’à 687 $ par année. Le ministre Boulet soutient que cette mesure vise à préserver le pouvoir d’achat des travailleurs tout en ménageant l’équilibre économique des entreprises.
« Dans le contexte économique actuel, il est important que le salaire minimum évolue de manière équilibrée. Cette hausse protège le pouvoir d'achat des travailleuses et des travailleurs, et ce, tout en permettant à nos entreprises de demeurer compétitives. », a-t-il déclaré.
Quant aux personnes rémunérées au pourboire, elles bénéficieront, elles aussi, d’un ajustement. Leur salaire minimum grimpera de 0,40 $, pour atteindre 13,30 $ l’heure, une hausse de 3,10 %.
De plus, dans le secteur agricole, des augmentations de 0,15 $ pour atteindre 4,93 $ du kilogramme sont prévues pour la cueillette de framboises et de 0,04 $ pour atteindre 1,32 $ du kilogramme pour la cueillette de fraises.
Les PME y voient une pression supplémentaire
Si Québec juge sa hausse équilibrée, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) se montre moins optimiste.
L’organisation estime qu’une entreprise devra assumer 1 197 $ de coûts additionnels par employé au salaire minimum, dont 157 $ en taxes sur la masse salariale. Selon la FCEI, cette augmentation ajoutera de la pression sur les petites et moyennes entreprises (PME) du Québec qui ont traversé une année 2025 difficile.
« On est soulagé que le gouvernement ait écarté la proposition d'une hausse du salaire minimum à 20 $ de l'heure, car cela aurait représenté un coût de 10 milliards de dollars et aurait risqué de mettre en péril de nombreuses entreprises et de nombreux emplois », a toutefois commenté François Vincent, vice-président Québec à la FCEI.
La Fédération réclamait que l’augmentation du salaire minimum soit liée à la croissance salariale du secteur privé ou à un pourcentage du salaire médian, ainsi qu’une annonce suffisamment en avance pour permettre aux entreprises de s’ajuster. Selon elle, le gouvernement répond aux deux premières demandes, mais n’offre aucune mesure de réduction des coûts pour alléger le fardeau des PME.