Face à la montée de la précarité alimentaire au Québec, le Regroupement des cuisines collectives du Québec (RCCQ) presse le gouvernement d’agir afin de soutenir davantage les cuisines collectives, qu’il considère comme un outil essentiel pour répondre aux besoins alimentaires croissants de la population.
Selon le RCCQ, seulement 25 % des personnes qui vivent de l’insécurité alimentaire ont recours aux banques alimentaires, tandis que les cuisines collectives attirent une clientèle de plus en plus large incluant des hommes, des aînés, des étudiants, des travailleurs et des nouveaux arrivants.
Or, selon le Regroupement, 60 % des organismes offrant ces services sont incapables d’intégrer toutes les personnes souhaitant participer à un groupe de cuisine collective en raison d’un sous-financement évalué à plus de 10 millions de dollars à l’échelle nationale.
Un sondage mené par le RCCQ à l’automne 2025 auprès de ses membres révélait même que quatre organismes sur cinq affirmaient avoir dû réduire ou même cesser certaines activités de cuisine collective pour des raisons financières. De plus, 68 % indiquaient avoir besoin de personnel supplémentaire afin de maintenir ou d’élargir leurs services.
Une réponse concrète attendue de Québec
À travers le Québec, environ 1 200 groupes de cuisine collective préparent près de 925 000 portions par année, affirme le RCCQ, ajoutant que ces initiatives permettent à de nombreuses personnes de se nourrir dans la dignité et de reprendre du pouvoir sur leur alimentation.
« Dans un contexte où le droit à l'alimentation est fragilisé pour un nombre croissant de personnes au Québec, les cuisines collectives représentent bien plus qu'une activité communautaire : elles sont un levier de dignité, d'autonomie et de solidarité. », a souligné Josée Poirier Defoy, présidente du RCCQ.
Le Regroupement demande ainsi une réponse concrète de Québec. Il souhaite que le rôle des cuisines collectives soit officiellement reconnu comme un investissement préventif en santé publique et que leur financement soit augmenté, notamment pour les organismes qui ne bénéficient pas du Programme de soutien aux organismes communautaires.
Enfin, le RCCQ rappelle que les cuisines collectives ne s’adressent pas uniquement aux personnes en situation de vulnérabilité financière. Elles sont ouvertes à toute personne désireuse de cuisiner pour améliorer sa qualité de vie et celle de sa famille, tout en s’impliquant, individuellement et collectivement, dans sa communauté.