C’est la fin d’un chapitre et le début d’un nouveau au parc du Centenaire de Normandin. La démolition de la fontaine, érigée en 1963, a débuté mercredi, ouvrant la voie à la construction d’une scène de spectacle destinée à revitaliser le centre‑ville.
La fontaine du parc du Centenaire de Normandin est un monument érigé en hommage aux pionniers et pionnières arrivés en 1878.
Composée d’un bassin, d’une structure de béton et de sculptures métalliques, elle symbolise leur labeur et leur réussite, l’eau représentant la sueur de leurs efforts et les figures ascendantes leur triomphe.
Installée au début des années 1960 sur l’ancien site d’un pensionnat, la fontaine est le fruit d’une collaboration entre l’ingénieur Camil Gagné et le sculpteur belge Stanislas D’Haese, qui a conçu les maquettes et les quatre personnages illustrant l’élévation des premiers colons.
Depuis plusieurs années, la fontaine ne fonctionne plus et le monument est devenu désuet. Une évaluation du Centre de conservation du Québec a conclu qu’une restauration ne permettrait pas de lui redonner sa valeur patrimoniale. Cette conclusion a mené le conseil municipal, en 2023, à lancer avec les citoyens une démarche de réflexion pour réaménager le parc du Centenaire.
Un nouvel espace, une mémoire préservée
De cette démarche est née une vision claire : préserver la vocation culturelle du parc en y implantant une scène permanente, un espace polyvalent utilisable été comme hiver. L’ancien bassin deviendra un plancher de danse et un parterre pouvant accueillir 150 chaises. Les dalles de granite seront réutilisées comme assises autour de la future scène, dont la forme s’inspirera de l’ancienne fontaine et intégrera une régie.
Pour le comité de citoyens, l’objectif était de créer un lieu rassembleur et multifonctionnel, comme l’explique Éric Villeneuve. « Ce sera une place publique où l’on pourra faire n’importe quoi, de la projection à la danse, de la musique à l’allocution. »
La communauté tenait également à préserver les quatre personnages de la fontaine, qui ont été conservés et seront réintégrés dans le nouvel aménagement.
« Ça nous fait mal de démolir une fontaine, mais on est rendu là, souligne la mairesse Jacynthe Doucet. Si le fait de conserver les personnages peut mettre un baume sur le cœur des gens, c’est déjà quelque chose. Il y a un grand attachement de la population envers la fontaine. »
Des ajustements nécessaires
En octobre dernier, Le Nouvelles Hebdo apprenait que la construction de la scène permanente devrait être reportée. Un premier appel d’offres, lancé en septembre pour retirer la fontaine et ériger la future scène, s’est avéré trop coûteux.
« L’appel d’offres original dépassait d’environ 300 000 $ le budget prévu. C’est pourquoi nous n’avons pas octroyé le contrat à l’automne. Nous étions hors budget », explique le directeur général de la Ville, Jean‑Sébastien Nadeau.
Pour respecter le montage financier, la Ville a scindé le projet en deux appels d’offres distincts. Le contrat pour la démolition de la fontaine a ainsi été attribué pour 25 000 $.
Quant à la construction de la scène, la municipalité a travaillé avec la firme d’ingénierie responsable du projet afin de revoir certains éléments. Des ajustements ont été apportés au plancher de la scène ainsi qu’à la structure abritant la régie.
« On a tenté de réduire les coûts sans compromettre la fonctionnalité de la scène », précise Jean‑Sébastien Nadeau.
Soulignons que l’appel d’offres est en cours. « L’ouverture des enveloppes est le 17 avril. On va savoir le prix du soumissionnaire. On va se donner une semaine pour valider les soumissions reçues du 20 au 24 avril. Il y aura une séance extraordinaire le 27 avril pour octroyer le contrat au plus bas soumissionnaire conforme. »
Si tout se passe comme prévu, la scène permanente devrait accueillir ses premiers spectacles à l’été, affirme Jean-Sébastien Nadeau.
La mairesse Jacynthe Doucet se réjouit de la transformation à venir : « Les gens sont quand même fébriles. Les gens ont hâte de voir ça et d’avoir un magnifique parc. Ce coin-là va être rassembleur. C’est le cœur de la ville. »