Pour survivre, l’industrie du transport doit se réinventer

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Par Jean Tremblay
Pour survivre, l’industrie du transport doit se réinventer
Transport NAC La Doré est en à sa troisième génération de dirigeants. Dans l’ordre habituel, Alain Dallaire (2e génération), Gilles Dallaire (3e génération) et Normand Dallaire (1e génération). (Photo Trium Médias – Archives)

Le vieil adage « Plus rien ne tient la route » n’aura jamais été aussi vrai lorsqu’on parle des nouvelles réalités de l’industrie du transport. La donne a changé depuis le début de la pandémie.

Le traditionnel modèle d’affaires des routiers a complètement changé. Les entreprises de camionnage font face à de nouveaux défis insoupçonnés qui exigent des gestionnaires d’adopter une nouvelle gymnastique.

« L’augmentation des coûts d’opération et la pénurie de main-d’œuvre se sont fait sentir davantage au cours de la dernière année », mentionne Gilles Dallaire, propriétaire de Transport NAC de La Doré.

Quarante personnes y trouvent un emploi, mais on manque de bras.

« Demain matin, je pourrais facilement faire travailler cinq autres personnes pour réussir à accomplir tout le travail requis. Avant la pandémie, il était plus facile de pourvoir les postes vacants. Mais là, c’est différent. »

Pénurie de main-d’œuvre et beaucoup plus

Cette pénurie de main-d’œuvre est causée, entre autres, par l’augmentation généralisée des salaires.

« Face à l’inflation qui a causé une augmentation des prix à la consommation, plusieurs entreprises offrent des salaires très intéressants aux employés. On doit composer avec une compétition réelle pour l’embauche de nouveaux employés. Et il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas que le coût de la main-d’œuvre qui nous affecte. Le coût du diesel a explosé. C’est la même chose pour les pièces et les pneus. »

Des hausses de coûts de production qui nécessitent des ajustements. Pour certaines entreprises de transport comme Transport NAC de La Doré, elles réussissent à ajuster leurs tarifs par rapport à l’augmentation du coût du diesel.

« Ce n’est toutefois pas possible pour les autres frais d’opération. Nous, on signe avec nos clients des contrats valides pour plusieurs mois. On ne peut pas demander une réouverture de ces contrats lorsque, par exemple, le coût des pneus augmente. Il faut attendre le renouvellement des contrats pour ajuster nos tarifs », explique Alain Dallaire, le père Gilles.

Difficile l’embauche d’immigrants

Pour de nombreuses entreprises, l’embauche de personnel provenant de l’étranger demeure une solution viable. Ce n’est toutefois pas le cas pour l’industrie du transport.

« Les personnes qui immigrent au Canada proviennent généralement de pays qui ne connaissent pas la neige. Conduire un camion sur une chaussée glacée, ce n’est pas pareil », ajoute-t-il.

Transport NAC dispose de 32 tracteurs dont trois en réserve, une nécessité dans un contexte de rareté pour les pièces.

« On n’a pas le choix. La rareté des pièces fait en sorte qu’on doit posséder, chez nous, trois camions en réserve pour remplacer ceux qui ne peuvent être réparés. Récemment, j’en ai eu un qui a passé trois mois et demi au garage avant de pouvoir réparer la transmission. »

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