La Congèlerie Héritier ouvre de nouvelles portes aux producteurs

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Par Serge Tremblay
La Congèlerie Héritier ouvre de nouvelles portes aux producteurs
(Photo : Trium Médias - Serge Tremblay)

Une toute nouvelle usine de transformation et de congélation amorce ses activités à Normandin. La Congèlerie Hériter, qui aura nécessité des investissements de 21,5 M$, offre désormais de nouveaux débouchés pour les producteurs de fruits et légumes.

La Congèlerie pourra traiter de huit à douze millions de livres de fruits et légumes congelés annuellement. Le bleuet constituera la principale source de travail pour l’entreprise, mais on fera aussi une place à la gourgane et à la camerise dès la première année.

« Il y a eu beaucoup de développement de bleuetières dans les dernières années et il y avait quand même une saturation au niveau de la capacité de congélation au Saguenay-Lac-Saint-Jean lors des bonnes années de production. Le bleuet est le premier fruit en importance que l’on traitera », explique Jacquelin Drapeau, actionnaire et président du conseil d’administration.

Celui-ci ajoute cependant que le groupe d’actionnaires, constitué de trente membres dont trois coopératives, tenait à disposer d’une usine polyvalente en mesure de transformer différentes variétés de fruits et de légumes.

Gourgane

La gourgane est l’une des productions qui en bénéficieront puisque pour la première fois depuis plusieurs années, il sera possible pour les producteurs d’avoir accès à des débouchés de congélation dans la région.

« Il s’est déjà congelé jusqu’à plus de 1 million de livres de gourgane régionalement et présentement il ne s’en congelait plus. Cette année, nous allons congeler entre 300 000 et 500 000 livres. Et ce qui est beau avec la gourgane, c’est que tu peux la produire pour la consommation humaine et la congélation, mais tu peux aussi y aller avec la gourgane sèche pour l’alimentation animale alors c’est un plus pour les producteurs. »

Jacquelin Drapeau estime également que le projet pourra être porteur pour les producteurs maraîchers puisque l’un des freins au développement de cette filière dans la région était l’éloignement des marchés publics qui commercialisent les produits frais.

« Il y a des tests de légumes qui se font ici à Normandin, comme avec la fève jaune qui se congèle bien, par exemple. »

Emplois

La Congèlerie Héritier doit entrer en opération incessamment et donnera de l’emploi à une quinzaine de travailleurs à temps plein ainsi qu’à une dizaine d’autres à temps partiel. Malgré la rareté de main-d’œuvre, les postes n’ont pas été trop difficiles à combler, assure Jacquelin Drapeau.

Il s’agit du tout premier projet à s’implanter dans le nouveau parc industriel éclaté de la MRC de Maria-Chapdelaine, au sein duquel toutes les municipalités de la MRC pourront se partager l’assiette fiscale.

L’investissement total de 21,5 M$ a été rendu possible grâce à une contribution de 3,5 M$ en provenance de Québec.

Valentin Delate alors que les travaux se poursuivaient dans le secteur de la réfrigération.

Technologie de pointe

La Congèlerie Héritier opère avec un système de réfrigération au CO2 ultra-moderne. Une première pour une usine de congélation dans la région.

Le CO2 peut servir à la réfrigération au même titre que l’ammoniaque ou le fréon, mais est une technologie plus sécuritaire et nettement moins énergivore.

« Si on parle d’un aréna, par exemple, la consommation d’électricité pour un système de réfrigération au CO2 par rapport à l’ammoniaque va être divisée par deux. Cette technologie est la norme en Europe, mais moins en Amérique du Nord. On s’y tourne cependant de plus en plus », explique Valentin Delate, de la firme ZeroC, qui avait le mandat d’installer le système de réfrigération.

Afin d’améliorer encore davantage l’efficacité énergétique des installations, la chaleur libérée par les compresseurs dans le processus de réfrigération est captée pour être réutilisée dans le chauffage de l’édifice, notamment le plancher.

« Dans la région, tout est un peu old school alors que les installations ont grossi au fil du temps. Ici, à Normandin, c’est la fine pointe! »

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