Culture

Temps de lecture : 2 min 10 s

Du plastique à l’abstraction

L’univers atypique d’Éric Villeneuve

Le 21 novembre 2025 — Modifié à 11 h 25 min
Par Emmanuelle LeBlond - Journaliste

Après Normandin, Saint-Félicien et Saint-Prime, c’est maintenant au tour de Dolbeau-Mistassini de recevoir la quatrième exposition solo de l’artiste Éric Villeneuve, offrant au public une immersion dans un monde où le plastique se transforme en matière picturale.

Éric Villeneuve a un parcours unique en son genre. Formé en génie chimique, il a travaillé dix ans en photonique avant de se consacrer à la création artistique comme designer et concepteur autodidacte. Il a également dirigé des projets d’art public aux côtés d’une dizaine d’artistes, en étant directeur technique au partenariat du Quartier des Spectacles de Montréal et ensuite pour le studio Daily Tous les jours.

De retour dans sa région natale en 2021, Éric Villeneuve s’investit pleinement dans sa pratique artistique. Établi à Normandin, il inaugure, trois ans plus tard, une galerie d’art en collaboration avec son frère Martin. C’est dans l’atelier attenant à cet espace d’exposition qu’il prépare sa quatrième exposition solo, grâce au soutien d’une bourse du Conseil des arts et des lettres du Québec.

Depuis un moment déjà, Éric Villeneuve s’intéresse à un médium particulier : le plastique recyclé. « Tout le monde s’en fiche un peu du plastique, dit-il. Ça sert à faire des cochonneries qu’on achète de la Chine. On ne voit pas la valeur de ça. Personne ne l’utilise parce que ce n’est pas noble. Les artistes se concentrent sur la noblesse et la pérennité. J’aime bien les laisser pour compte. »

Quête de l’abstraction

L’artiste a perfectionné ses techniques au fil des années pour transformer le plastique numéro 2 en œuvres d’art, utilisant à la fois des outils mécaniques et thermiques. Ses premières séries témoignent d’une volonté d’explorer les codes de l’abstraction. Avec le projet Microsillons, Éric Villeneuve poursuit sa recherche artistique, cette fois en expérimentant le vinyle comme matière première.

Au cours du processus, l’artiste a dû repenser sa façon de travailler pour concrétiser sa vision. « Avec des vinyles, je me suis rendu compte que je n’avais pas du tout à organiser le chaos. Ils sont tous pareils. Il n’y a pas grand chaos à organiser. J’ai décidé de générer le chaos. J’ai eu tout autant de fun », exprime-t-il.

Découper, casser, fondre : une séquence d’interventions répétitives a permis l’émergence de formes abstraites sous ses mains. Cette démarche a permis la création de nouvelles œuvres en papier parchemin.

« Je fais trois ou quatre altérations jusqu’à ce que je juge que le chaos est satisfaisant. Pour ce faire, j’utilise des papiers parchemin pour que ça ne colle pas sur les plaques. Selon le contrôle de la température, il y en a qui sont restés intacts. Je les réutilisais. Je ne voulais pas les gaspiller », explique-t-il.

Certains papiers ont bruni sous l’effet de la chaleur dégagée par l’œuvre en vinyle, générant des formes inattendues. Éric Villeneuve a décidé de les conserver et de les afficher.

L’exposition Microsillons s’est promenée à différents endroits au Lac-Saint-Jean, en plus de faire une halte dans une galerie montréalaise. Elle est maintenant présentée tout le mois de novembre à L’Espace de Dolbeau-Mistassini.

Pour les intéressés, l’artiste présentera également une œuvre de grand format à la Galerie èlvé à partir du 22 novembre.

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