Vendredi, 09 janvier 2026

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Cabanes et espèces de poissons à capturer

Ce qu’il faut savoir sur la pêche hivernale sur le lac Saint-Jean

Yohann Harvey Simard
Le 08 janvier 2026 — Modifié à 08 h 32 min
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Dès que l’épaisseur de la glace le permet, Gilles Tremblay enfile ses habits les plus chauds, prépare son attirail et attelle sa « cabane à pêche » à l’arrière de son camion. Un rituel qu’il répète chaque hiver depuis une bonne quarantaine d’années.

Pour quelques mois, l’Almatois fera de sa maisonnette sur glace sa résidence secondaire, et de la pêche blanche, son principal centre d’intérêt.

Que ce soit pour le côté sportif, pour passer du temps avec ses proches, pour savourer un poisson que l’on a extirpé des eaux soi-même ou simplement pour faire passer l’hiver plus rapidement, plusieurs raisons peuvent expliquer l’amour de la pêche blanche. Pour Gilles Tremblay et son fils Mathieu, c’est un peu un mélange de toutes ces réponses.

« On adore la chasse et la pêche, et puis c’est aussi un prétexte pour se rassembler durant l’hiver. Ça le fait passer plus vite! », résument-ils. « Moi, ajoute Mathieu Tremblay, je trouve que contrairement à la pêche en été, il y a aussi un côté méditatif à la pêche blanche. Une fois qu’on est installé, on n’est pas toujours obligé de se déplacer avec tout notre équipement, nos affaires sont déjà là. On s’assoit, on met de la musique, et on pêche. »

Du Fjord au lac Saint-Jean

Après avoir longtemps pêché sur les glaces du Fjord du Saguenay, Gilles Tremblay installe maintenant sa maisonnette sur le lac Saint-Jean, plus précisément dans la baie de la marina de Saint-Henri-de-Taillon.

Mais le pêcheur possède en fait deux « cabanes » : une plus spacieuse qu’il installe près de la rive au sein d’un petit village éphémère, et une autre, portable, qu’il transporte ponctuellement dans un secteur du lac réputé pour ses prises généreuses. Il s’agit du secteur communément appelé la « fosse de l’Île Ronde » situé dans l’archipel de la Pointe-Taillon à proximité de Saint-Gédéon. « C’est le meilleur spot à pêche sur le la Saint-Jean », indique Mathieu Tremblay, ajoutant qu’il n’est pas rare qu’on y prenne une dizaine de dorés par jour « lorsqu’on est bien positionné ».

En dehors de l’ouananiche, dont la pêche est interdite en hiver,  il est permis de s’adonner à la pêche au doré, au brochet, à la lotte, à la perchaude ainsi qu’au grand corégone sur les glaces du Piékouagami.

Une cabane comme on en voit rarement

Pour ce qui est de la « cabane » que Gilles Tremblay installe à Saint-Henri-de-Taillon, il serait plus juste de parler d’une petite maison. En effet, il faut savoir que celle-ci est dotée d’un système électrique et qu’elle est alimentée en eau potable par une pompe. On y retrouve un salon, une salle à manger, un espace pour les lits et même une salle de bain équipée d’une douche. Bref, tout ce qu’il faut pour passer de bons moments sans compromis pour le confort.

« Je pense qu’on voit rarement autant que ça dans une cabane », laisse entendre Gilles Tremblay qui souhaite rester modeste. Ébéniste à la retraite, ce dernier dit avoir investi 400 heures dans la construction de l’habitacle.

Règlementation

L’embarquement des cabanes à pêche n’est pas réglementé sur les glaces du lac Saint-Jean. Il est possible d’en installer une où bon nous semble. Toutefois, comme en été, les activités de pêche y sont encadrées.

En plus d’un permis de pêche provincial, toute personne de 14 ans et plus doit détenir, à titre de titulaire ou de dépendant d’un titulaire, une « autorisation de pêcher dans l’aire faunique communautaire du lac Saint-Jean » émise par la Corporation de l’activité pêche Lac-Saint-Jean (CLAP). Différents forfaits sont disponibles au https://claplacsaintjean.com/autorisation-de-pecher/.

Certains règlements s’appliquent également quant aux espèces et aux tailles de poissons qu’il est permis de pêcher.

Consignes de sécurité pour éviter les « histoires d’horreur »

Rappelons il est fortement recommandé d’attendre que la glace ait atteint une épaisseur de 12 pouces avant de procéder à l’embarquement d’une maisonnette sur un plan d’eau.

Dans le cas particulier du lac Saint-Jean, Gilles Tremblay suggère également à tous ceux qui s’aventurent sur les eaux glacées du bassin d’avoir un GPS en leur possession. C’est qu’été comme hiver, dit-il, « la température peut changer très rapidement et devenir hostile sur le lac. Quand le vent se lève et qu’il y a de la poudrerie, on ne voit même plus à deux mètres. On peut facilement commencer à tourner en rond et se perdre. J’ai vu plusieurs personnes à qui c’est arrivé et ça peut vite devenir une histoire d’horreur. »

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