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Augmentation de la prostitution de survie au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Yohann Harvey Simard
Le 07 février 2024 — Modifié à 09 h 58 min le 07 février 2024
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Augmentation de la prostitution de survie au Saguenay-Lac-Saint-Jean

L’industrie du sexe gagne du terrain au Saguenay-Lac-Saint-Jean alors qu’un nombre grandissant de femmes se retrouvent en situation de vulnérabilité et se tournent vers la prostitution de « survie ».

C’est ce que rapporte Maude Dessurault, intervenante sociale en exploitation sexuelle au Centre d’aide et de lutte contre les agressions sexuelles (Calacs) de Saguenay.

En 2019, le Calacs de Saguenay a mené une recherche auprès de 43 organisations communautaires ou institutionnelles situées dans les arrondissements de Jonquière et de Chicoutimi.

« À ce moment-là, on nous avait dit que de 2014 à 2019, les organismes communautaires du territoire avaient rencontré 645 femmes en situation de prostitution », mentionne-t-elle.

Or, bien qu’elle ne puisse pas encore quantifier le phénomène avec exactitude, Maude Dessurault affirme que des « observations de terrain faites par la Table de concertation prostitution-exploitation sexuelle Saguenay permettent de penser qu’il y a eu une augmentation de la prostitution de survie depuis 2019. »

Lorsqu’une personne s’adonne à une prostitution dite « de survie », la prostitution est alors équivalente à une stratégie de subsistance et relève beaucoup plus de la nécessité que d’un choix. Il peut par exemple s’agir d’une femme qui, à défaut d’avoir les sous pour payer son loyer, offrira des faveurs sexuelles à son propriétaire comme paiement.

Des données préliminaires récoltées depuis la recherche du Calacs de 2019 suggèrent que la hausse des cas de prostitution survenue au cours des cinq dernières années serait notamment attribuable à l’évolution défavorable du contexte économique et social.

« On sait que l’itinérance, la pauvreté, les problèmes de logement, ça a tout explosé. Et on sait que lorsqu’il y a de la pauvreté, chez les femmes, souvent, il va y avoir des situations de prostitution de survie. »

Au Lac-Saint-Jean

Au Lac-Saint-Jean, la dernière étude effectuée sur la prostitution remonte à 2014. En l’absence de données plus récentes, les différents organismes communautaires œuvrant en lien avec cette problématique préfèrent s’abstenir d’affirmer ou d’infirmer si les cas de prostitution ont connu une augmentation.

Il demeure toutefois permis de le penser puisque comme le montre la vaste majorité des études faites sur le sujet au Québec : l’appauvrissement d’une population s’accompagne presque toujours d’une augmentation de la prostitution, rappelle Maude Dessurault. Or, le coût de la vie n’a pas moins augmenté au Lac-Saint-Jean qu’à Saguenay et les logements abordables se font rares aux deux endroits.

À Alma, le directeur du Travail de rue, Guillaume Bégin, laisse entendre que l’organisme consacre davantage de ressources à la lutte à la l’exploitation sexuelle depuis quelques années.

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