C’est tout un exploit professionnel! Surtout de durer dans le temps. L’homme d’affaires Benoît Rousseau vient de recevoir le prix du Marteau d’or de l’Association nord-américaine de quincaillerie et peinture pour ses 50 ans (51 ans en 2023) de service comme quincaillier. Ils sont seulement six cette année à rejoindre ce club sélect au Canada, dont le Dolmissois et unique candidat du Québec.
C’est en novembre 1972 que Benoît Rousseau a racheté la faillite d’un commerce de quincaillerie qu’il a rebaptisé Quincaillerie Mistassini. Celui qui aura bientôt 80 ans, ˗ il les aura le 14 août prochain ˗ , n’a pas l’intention encore de prendre sa retraite. Même s’il a quelque peu ralenti professionnellement, travaillant maintenant de 35 à 40 heures par semaine, plutôt que les 60 h à 70 h pendant la plus grande partie de sa vie, Benoît Rousseau n’est jamais très loin de ses affaires.
« Pourquoi je prendrais ma retraite? J’ai toujours travaillé et j’aime encore ce que je fais. J’aime ça faire marcher les affaires. J’ai mon téléphone sur moi, je suis toujours de garde », lance-t-il en riant.
Les affaires, il tient ça en grande partie de son père, Armand Rousseau, qui avait notamment un hôtel, le Saint-Michel, que bien des générations ont fréquenté dans leur prime jeunesse. Ses parents avaient aussi une épicerie, un garage et une compagnie de taxi.
D’une mauvaise affaire, en faire une bonne
« En 1957, j’avais 14 ans, et je travaillais avec mon père à l’hôtel. Je me souviens qu’au début des années 1960, il pouvait passer jusqu’à 2 000 clients par jour au bar. »
Benoît Rousseau obtient son baccalauréat en comptabilité à l’Université Laval et complète son examen de comptable agrée (CA) en 1967.
Il se lance officiellement en affaires en 1968 alors qu’il prend les rênes du Garage Datsun qui appartenait à son père (aujourd’hui les Résidences Saint-Michel, propriété de son fils Jean-Pierre), le prélude à plusieurs autres acquisitions dans les années et décennies suivantes.
« J’ai été plusieurs années sans me prendre un véritable salaire. Je pouvais ainsi réinvestir. Quand j’ai acheté le Motel Chute des Pères, je l’ai eu pour presque rien, mais j’ai ramassé une dette de 285 000 $ et j’ai obtenu un prêt de 47 000 $. Il y avait des clients, mais j’ai tout réorganisé avec quatre ou cinq employés et c’est reparti en grimpant. Je suis assez doué pour remonter une entreprise et c’est ce que j’aime ».
D’ailleurs, il retiendra toujours une phrase que lui a souvent répété son père et qui résume assez bien sa philosophie de vie : « D’une mauvaise affaire, il faut en faire une bonne ».
Les temps ont évolué et Benoît Rousseau a toujours su s’adapter aux changements. Le recrutement de la main-d’œuvre est devenu plus difficile, mais dans certains domaines plus que d’autres. L’hôtellerie plus particulièrement. Mais il a confiance en l’avenir avec la main-d’œuvre qui arrive de l’international et les nouveaux arrivants.