L’impact sous-estimé du milieu communautaire

Serge Tremblay
L’impact sous-estimé du milieu communautaire
La directrice générale de la Corporation de développement communautaire Maria-Chapdelaine, Cindy Migneault. (Photo : Trium Médias - Serge Tremblay)

On connait bien l’impact qu’ont les organismes communautaires dans la vie des gens qui ont recours à leurs services, mais on connaît moins leur impact économique. Dans la seule MRC de Maria-Chapdelaine, plus de 4,4 M$ sont versés en salaire.

C’est ce que dénote une étude d’impact socioéconomique qui a été réalisée auprès des organismes communautaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Localement, 23 des 30 membres que comptait la Corporation de développement communautaire Maria-Chapdelaine (CDC) au moment de l’enquête ont répondu.

C’est donc dire que les chiffres sont sous-évalués, puisqu’ils ne tiennent pas compte de tous les organismes du territoire. Malgré tout, on constate que pour les 23 répondants, le milieu communautaire local représente un budget de fonctionnement total de 6,8 M$, dont 4,4 M$ sont versés en salaires.

« On connait notre milieu, mais on manquait d’éléments concrets et tangibles pour bien l’expliquer. C’est la raison pour laquelle nous avons fait cette étude d’impact. Elle nous permet de quantifier les choses, surtout que les organismes communautaires, c’est une conception qui est un peu floue dans la conscience populaire », explique Cindy Migneault, directrice de la CDC.

Et le portrait qui a été tracé a tout de même révélé quelques surprises. Même pour les personnes qui oeuvrent dans ce milieu, les chiffres parlent.

Uniquement dans notre MRC, le milieu communautaire emploie 236 personnes, dont la vaste majorité (152) est composée d’intervenants qui offrent un service direct à la population. Les organismes contribuent également à l’achat local pour un montant de 927 000 $, une moyenne de plus de 31 000 $ par organisations.

« Il y a évidemment une grande disparité entre nos organismes en termes de ressources, mais les chiffres nous ont quand même surpris. Le financement demeure un enjeu majeur, mais malgré tout, il y a des retombées tangibles en salaires et en achat local. »4

Fausse image

Cette réalité tranche avec l’image qui colle à la peau du milieu communautaire, soit celle d’un réseau qui se consacre uniquement à la lutte à la pauvreté et à l’aide aux clientèles marginalisées.

Cette préconception est pourtant fausse. Les personnes à faible revenu font évidemment partie du lot, mais la majorité des organismes (57%) s’adresse directement à la population en général.

Les organismes sont aussi bien implantés avec un historique de présence à long terme dans le milieu. En fait, ils sont en moyenne présents chez nous depuis 30 ans et 78% d’entre eux ont aussi leur siège social localement.

Ensemble, ils comptent 5 360 membres, 162 administrateurs et 743 bénévoles.

« Les organismes communautaires, à la base, ce sont des gens qui avaient un besoin et qui ont trouvé une façon d’y répondre. C’est une initiative qui vient de la population et qui la mobilise et on veut que ça reste comme ça. »

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