L’Assemblée nationale du Québec a été le théâtre d’une activité législative soutenue vendredi dernier, alors que trois projets de loi touchant des enjeux sociaux distincts ont été déposés par des élus de différentes formations politiques.
Ces initiatives portent respectivement sur le maintien à domicile des aînés, l’encadrement du temps d’écran chez les jeunes et la consommation de boissons énergisantes.
Maintien à domicile des aînés
Le Parti Québécois (PQ) a remis à l’ordre du jour son projet de loi visant à favoriser l’autonomie des personnes âgées. C’est la députée de Chicoutimi, Marie-Karlynn Laflamme, qui en a assuré le dépôt. Le projet propose la mise en place d’un cadre visant à permettre aux aînés de demeurer plus longtemps dans leur domicile, en misant notamment sur une meilleure organisation des services publics.
La porte-parole du troisième groupe d’opposition pour les aînés a d’ailleurs exprimé la déception de sa formation politique face à la décision du gouvernement caquiste de ne pas avoir appelé le projet de loi lors de la dernière législature. Elle a toutefois réitéré l’engagement du PQ à redéposer le projet et à en faire une priorité en cas de victoire électorale à l’automne.
Selon Marie-Karlynn Laflamme, le projet de loi s’appuie directement sur les recommandations formulées lors du Rendez-vous national sur le maintien à domicile, organisé en 2024 par la Coalition pour la dignité des aînés (CDA).
Encadrer le temps d'écran chez les jeunes
Un projet de loi visant à mieux encadrer l’utilisation des médias sociaux chez les jeunes a été déposé par Québec solidaire (QS), avec la collaboration d’étudiants de la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke.
Le texte propose notamment l’instauration d’une « majorité numérique » fixée à 16 ans, afin de réglementer l’accès aux plateformes numériques et de limiter leurs effets potentiellement néfastes sur les jeunes.
« Ça me rend très fière de voir les étudiants en droit de l'Université de Sherbrooke s'impliquer pour que le Québec prenne ses responsabilités face aux réseaux sociaux et aux jeux vidéo, et c'était un honneur de pouvoir déposer ce projet de loi en leur nom. », a déclaré la députée de QS, Christine Labrie.
Celle-ci a ajouté que le rapport de la Commission spéciale sur les écrans et les médias sociaux sur les jeunes ne doit pas rester sur une tablette. « Retirer les téléphones des écoles, c'était une excellente mesure, et tout le monde le salue, mais on ne peut pas en rester là. », a-t-elle conclu.
Restreindre l’accès aux boissons énergisantes
De son côté, la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, a présenté un projet de loi visant à interdire la vente de boissons énergisantes aux jeunes de moins de 16 ans. Cette initiative s’inscrit dans une volonté de prévenir les effets négatifs associés à la consommation de ces produits, notamment en raison de leur teneur élevée en caféine.
Le projet de loi bénéficie d’un appui quasi unanime à l’Assemblée nationale, à l’exception du Parti conservateur du Québec, ainsi que du soutien de plusieurs experts du milieu de la santé et d’organisations citoyennes.
Le texte prévoit non seulement d’interdire la vente de boissons énergisantes aux mineurs de moins de 16 ans, mais aussi de sanctionner les adultes qui en achèteraient pour eux. De plus, les jeunes de moins de 16 ans ne pourraient ni acheter ces produits pour eux-mêmes ni pour autrui.
Afin de clarifier l’encadrement, le projet propose une définition précise de ce qu’est une boisson énergisante : celle-ci doit contenir au moins 150 milligrammes de caféine par litre et inclure d’autres ingrédients comme de la taurine, des vitamines ou des minéraux. Le café, le thé et certains produits de santé naturelle seraient toutefois exclus de cette définition sous certaines conditions.
Si adoptée, cette mesure ferait du Québec la première juridiction canadienne à interdire la vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans.