Le gouvernement canadien a annoncé qu’il imposera des mesures commerciales équivalentes à celles des États-Unis, après que l’administration américaine a fait connaître son intention d’appliquer de nouveaux droits de douane de 50 % sur un vaste éventail de produits canadiens, notamment dans le secteur automobile.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions commerciales croissantes entre les deux pays. Ottawa soutient que les nouvelles mesures américaines annoncées contreviennent à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), qui encadre les échanges commerciaux entre les trois partenaires nord-américains. Le premier ministre Mark Carney a affirmé que le Canada demeurait tout de même ouvert au dialogue afin de mettre fin à la surenchère tarifaire.
« Ce différend commercial a entraîné une hausse des coûts pour les familles, en particulier aux États-Unis. Le Canada est prêt à s'engager de manière intensive pour régler les questions en suspens avec les États-Unis, dans l'intérêt mutuel de nos citoyens », a-t-il déclaré.
Tout en tendant la main à Washington, le gouvernement fédéral assure qu’il défendra les intérêts du pays. Mark Carney a d’ailleurs indiqué que son gouvernement travaillera « sans relâche » et prendra « toutes les mesures nécessaires » pour renforcer l’économie canadienne et soutenir les travailleurs, les agriculteurs, les entreprises et les familles touchés par les nouvelles barrières commerciales.
« Conscient que les États-Unis ont transformé l'ensemble de leurs relations commerciales, y compris celles régies par l'ACEUM, au cours des 18 derniers mois, le Canada a présenté une série de propositions détaillées et exhaustives visant à résoudre ce différend et à moderniser l'ACEUM. », a affirmé le premier ministre.
Les manufacturiers québécois dénoncent les nouveaux tarifs
Les Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) déplorent la décision de l'administration américaine d'imposer de nouveaux droits de douane sur plusieurs catégories de produits. L'organisation estime que cette annonce du président Donald Trump ajoute une importante source d'incertitude pour les entreprises manufacturières québécoises.
Au Québec, les nouveaux tarifs toucheraient notamment les matériaux de construction, les meubles, les produits de papier, les articles de sport, les appareils électroniques ainsi que divers biens de consommation. Selon les MEQ, plusieurs entreprises fortement dépendantes du marché américain pourraient subir des conséquences importantes sur leur compétitivité et leurs perspectives de croissance.
« Cela représente des coûts additionnels et des retards dans les investissements qui s'ajoutent à l'incertitude économique, en plus de mettre en péril des emplois de qualité ici même au Québec. », a déclaré Francis Prévost, directeur des affaires publiques et gouvernementales de Manufacturiers et Exportateurs du Québec.
Dans ce contexte, les Manufacturiers et Exportateurs du Québec demandent aux gouvernements du Québec et du Canada d'intervenir rapidement afin de « défendre fermement les intérêts du Canada par toutes les voies diplomatiques, politiques et juridiques disponibles ».
L’organisation réclame également la mise en place de mesures d'aide ciblées et temporaires pour soutenir la liquidité des entreprises affectées, encourager les investissements et favoriser la diversification des marchés d'exportation. Elle souhaite aussi voir accélérer les initiatives visant à renforcer durablement la compétitivité du secteur manufacturier, notamment par l'innovation, l'automatisation, l'allègement réglementaire et un meilleur accès aux programmes de soutien à l'exportation.
« Ce sont les entreprises, les travailleurs et les consommateurs des deux côtés de la frontière qui paient le prix de l'escalade tarifaire. Sans prévisibilité, tout investissement pour innover et créer de la richesse devient incertain. Il faut protéger notre base industrielle et éviter des mesures qui affaibliraient l'ensemble de l'économie nord-américaine. », a conclu Francis Prévost.