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Érosion des berges à la pointe Langevin

Une entente avec Rio Tinto permet à un résident de rester à Vauvert

Emmanuelle LeBlond
Le 08 janvier 2026 — Modifié à 08 h 12 min
Par Emmanuelle LeBlond - Journaliste

C’est la fin d’une saga pour Serge Provencher. Ayant perdu 40 mètres de terrain à cause de l’érosion, le propriétaire dolmissois ne pouvait plus habiter sa résidence de la pointe Langevin. Après plusieurs années de démarches, il a finalement trouvé une solution grâce à une entente avec Rio Tinto, qui lui louera un terrain tout près.

Serge Provencher habite dans sa résidence de la pointe Langevin depuis une vingtaine d’années. Ce dernier a toujours eu un attachement pour le coin. « Je suis né ici. Je suis parti longtemps du Lac-Saint-Jean. Je suis parti une vingtaine d’années. Je suis resté aux États-Unis et un peu partout ailleurs. Notre cœur a toujours été ici. Quand je suis revenu, je suis retombé en amour avec le Lac-Saint-Jean », exprime-t-il.

Il y a sept ans, Serge Provencher a constaté que son terrain commençait à être touché par l’érosion. Au fil du temps, la situation allait de mal en pis.

« On voyait que les pêcheurs se rapprocher de plus en plus de chez nous. La rivière est maintenant rendue chez nous », observe le propriétaire.

À ce jour, l’érosion a touché 20 mètres de plage et un 20 mètres supplémentaire sur le terrain de Serge Provencher. « Le problème, ce n’est pas que la maison est en danger. C’est que ma prise d’eau est presque rendue dans la rivière Péribonka. Il y a un risque de gel pour cet hiver », fait-il savoir.

Le résident de Vauvert a fait face à l’évidence : il n’est pas possible de rester à long terme dans sa résidence. Lors des dernières années, Serge Provencher a exploré différentes avenues, dont l’une avec la multinationale Rio Tinto (gestionnaire du lac Saint-Jean), mais aucune n’a porté fruit.

Il y a trois ans, Suzanne Morin, la présidente de la Ligue des propriétaires de Vauvert, a décidé de donner un coup de main à Serge Provencher. « Quand je suis arrivée, il y avait des problèmes de communication avec les gens qui s’occupaient de ce dossier parce qu’il s’était fermé beaucoup de portes. Je me suis dit que j’allais regarder ça de façon réaliste, pour voir ce que peut faire la ligue par rapport à ça. J’ai une formation en droit. J’ai travaillé longtemps aux affaires municipales. Je suis capable de voir légalement ce qui peut se faire ou pas », dit-elle.

Alors qu’il cherchait auparavant à identifier un responsable de l’érosion, Serge Provencher a changé d’approche avec l’aide de Suzanne Morin, en se concentrant désormais sur les solutions.

En septembre 2024, la Ligue des propriétaires de Vauvert a participé à une rencontre avec plusieurs acteurs, dont Rio Tinto. Serge Provencher était également présent autour de la table. « C’est là que les négociations ont commencé avec Rio Tinto. Ils ont accepté que je sois dans la réunion parce que c’est moi qui étais en cause », souligne-t-il.

Il avait repéré un terrain vacant appartenant à Rio Tinto. « On s’est informé. Rio Tinto ne voulait pas le vendre parce qu’il en avait besoin. On a réussi à s’entendre par après pour une location, tout en leur laissant un droit de passage une fois par année », précise-t-il.

Pour le propriétaire, il s’agit d’un soulagement. Le terrain en question est situé à la pointe Langevin, à une dizaine de maisons de sa résidence. Serge Provencher se réjouit de pouvoir rester dans le secteur. Il prévoit la construction d’une résidence neuve. La démolition de sa maison actuelle devrait avoir lieu au mois de mai ou juin.

Serge Provencher est d’ailleurs admissible au Programme général d’assistance financière lors de sinistres, offert aux résidents permanents.

De son côté, Suzanne Morin se réjouit du dénouement de cette histoire. « Notre vision est de régler les dossiers cas par cas et de ne laisser personne mal pris. Quand ça arrive, on agit. Je voulais ouvrir les portes en vertu d’éventuelles négociations. On est super content. On trouve ça formidable que Serge ait pu régler son dossier. On se dit que s’il y en a d’autres, on va faire pareil. »

La résidence de Serge Provencher est la troisième à être démolie en raison de l’érosion des berges à la pointe Langevin.

Notons que l’autrice de ces lignes a sollicité une entrevue auprès de Rio Tinto, sans obtenir de réponse.

Un autre dossier retient aussi l’attention de la Ligue des propriétaires de Vauvert. La multinationale Rio Tinto déposera prochainement son étude d’impact pour le Programme de gestion de l’érosion des plages et des berges du lac Saint-Jean 2028-2037.

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