Le saviez-vous ? Saint-Félicien a bien failli perdre sa centrale de cogénération. Green Leaf Power, avait carrément l’intention de la démanteler. L’usine n’étant plus rentable, la compagnie américaine s’apprêtait à vendre les équipements aux États-Unis et à mettre la clé sous la porte. Il aura fallu l’intervention rapide de plusieurs acteurs clés du milieu pour éviter ce scénario catastrophe.
Quand j’ai appris la nouvelle sous le couvert de l’anonymat il y a quelques semaines, je n’y croyais pas. Comment une entreprise qui possède un contrat de production d’électricité avec Hydro-Québec peut-elle en arriver là ? Un tel contrat, c’est comme gagner à la loto ! Pourtant, la donne a complètement changé depuis la mise en service de cette installation dédiée à la valorisation de la biomasse.
Au début, les coûts d’approvisionnement étaient dérisoires : les entreprises forestières cherchaient simplement à se débarrasser des résidus de coupe. Aujourd’hui, cette matière vaut de l'or. Elle sert à fabriquer des biocarburants, du biochar, des granules et, bien sûr, de l’électricité. Pris à la gorge par l'explosion du prix de la matière première, le géant américain a vu sa rentabilité fondre. Pour compenser, la direction a sabré dans les dépenses d’entretien et a cruellement sous-investi dans le site.
La bonne nouvelle, c’est que la centrale est rachetée par une entreprise d'ici, et non par des intérêts étrangers ou un homme d'affaires indonésien qui n’a de compte à rendre à personne. Le Groupe Rémabec est le plus grand entrepreneur forestier privé au Québec et pilier du sciage dans la province. Ce qui fait la force unique de Rémabec, c’est son modèle d'affaires décentralisé basé sur la synergie et l'entrepreneuriat. Rémabec fonctionne comme une grande famille avec plus de 35 filiales autonomes, où chaque entreprise conserve son agilité et son expertise propre. En contrôlant toute la chaîne, de la récolte en forêt jusqu’à la transformation et maintenant la cogénération, le groupe crée une intégration complète du début à la fin. Cette approche collaborative permet de maintenir près de 1 800 emplois directs de qualité chez nous, tout en réinvestissant la richesse dans nos régions. Et la cerise sur le sundae : cette réussite vient de chez nous, puisque le président-fondateur, Réjean Paré, est un gars du Lac.
Contrairement à Domtar, Résolu et les autres, Rémabec innove. L'entreprise cherche à faire autre chose avec notre bois que d'inonder le marché de 2x4. Elle produit déjà du biocarburant sur la Côte-Nord, développe le biochar et prouve que l’avenir de notre forêt passe par de nouveaux modèles de développement. À preuve, le Groupe fait partie intégrante d’un
partenariat inédit en Haute-Mauricie avec les Atikamekw pour un projet pilote de gestion partagée du territoire forestier.
Voilà comment notre usine a été sauvée. Un grand bravo à tous ceux qui ont orchestré ce sauvetage, notamment le gouvernement du Québec, via les interventions rapides de notre députée Nancy Guillemette, ainsi que le directeur de l’usine, Pascal Turcotte. Pour assurer l’avenir de nos milieux, il nous faut définitivement plus de visionnaires de la trempe de Réjean Paré.